En tout point de vue, la colonisation occidentale a marqué l’Afrique et s’obstine à la définir avec des considérations qui sont les siennes propres. Parmi ces considérations, on trouve en bonne place la langue. Aujourd’hui les pays d’Afrique sont identifiés en tant que ”francophones”, ”lusophones” ”arabophones” etc. Est-ce une identification politique ou linguistique ? Éléments de réponse dans cet article.

Le dictionnaire définit la langue comme un « système de signes vocaux, éventuellement graphiques, propre à une communauté d’individus, qui l’utilisent pour s’exprimer et communiquer entre eux ». De cette définition, l’on comprend qu’une langue est un outil de communication à l’échelle communautaire et puisque les pays africains disposent de plusieurs communautés, il est abusif de parler d’eux en tant que ”francophones”, ”lusophones”, ”arabophones” etc…  Fort de ce constat, Joseph Ki-Zerbo déclare : « On appelle nos pays francophones, anglophones ou lusophones malgré le fait que 70 ou 80% de la population ne parle pas ces langues. 80% des sénégalais parlent le wolof. Pourtant on ne dit pas que c’est un pays wolofone mais francophone. À mon avis, c’est un abus de langage ».

Afrique,colonisation par la langue

En vérité, ce sont des langues imposées et qui en dépit de leur imposition, demeurent statiques car seule une poignet d’Africains parle ces langues. Ainsi, il apparaît donc clair que l’Afrique doit redéfinir son image sur la scène internationale afin d’éviter à la prochaine génération de se sentir inférieure face aux blancs.

Imaginez un jeune congolais qui arrive devant un écolier français, le fait que le premier s’exprime avec la langue du second entraîne un conflit de supériorité chez le second. Le Congo Kinshasa qui parle le lingala majoritairement et d’autres langues, est considéré comme francophone voire le plus grand pays francophone selon les experts de la présidence Hollande. Or c’est une volonté à peine voilée de contrôle, de soft power via la langue.

Dans tous les cas, ce sont des langues qui sont parlées à titre administratif et que l’Occident s’obstine à généraliser. Mais, la réalité est là : la grande majorité des africains continuent à faire vivre leurs langues ancestrales, et sont là pour le rappeler à ceux qui, dans une logique d’acculturation, parlent les langues étrangères mieux qu’un natif de ladite langue.

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