Depuis sa création en 2002, la Cour pénale Internationale démontre son mépris pour le continent africain. Lors de sa mise sur pied, si on avait espéré que celle-ci serait une juridiction a vocation universelle, il n’y a qu’à observer qu’elle vise en priorité l’Afrique dans la poursuite de ses missions de répression des crimes internationaux.
Après avoir ouvert des enquêtes dans des Etats tels que la Cote d’Ivoire, l’Ouganda, la RDC, la RCA et bien d’autres, le viseur est désormais pointé sur le voisin Nigérian. Décryptage.

La procureure Fatou Bensouda confirme

« A la suite d’une procédure rigoureuse, je peux annoncer aujourd’hui que les critères statutaires pour ouvrir une enquête sur la situation au Nigeria sont remplis ».

Ceci est une déclaration de la Procureure de la CPI, Fatou Bensouda, qui indiquait ce vendredi 11 décembre qu’elle avait suffisamment de preuves pour ouvrir une enquête au Nigeria à la faveur des violences commises par les groupes djihadistes et les forces de sécurité en ce qui concerne la lutte contre Boko Haram qui a fait plus de 36.000 morts et des millions de déplacés.

La Procureure estime qu’en vertu de la compétence de la Cour (crime de guerre, crime de génocide, crime contre l’humanité et crime d’agression), que la répression des crimes internationaux commis dans le cadre de la situation au Nigeria s’avère nécessaire.

Pour la Procureure, il est clair que Boko Haram a commis « des actes qui constituent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, mais « nous avons aussi des bases raisonnables pour croire que des membres des forces de sécurité nigérianes ont commis des actes constituant des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

Une enquête subordonnée par un accord de la chambre préliminaire

D’après les procédures en vigueur à la CPI, la décision d’ouvrir une enquête doit être entérinée par la chambre préliminaire. Faille-t-il le rappeler, l’examen préliminaire de la situation au Nigeria a été rendue public le 18 novembre 2010. Le Nigeria, qui a déposé son instrument de ratification du statut de Rome le 27 novembre 2001 est donc un Etat partie et la Cour a toute compétence à l’égard des crimes commis dans ce pays depuis 2002.

Une juridiction à tête chercheuse ?

La CPI a suscité beaucoup d’espoir lors de sa mise sur pied, surtout de la part des Etats Africains. Ces espoirs ont été rapidement douchés du fait que la cour pèche par son cantonnement géographique, à savoir que la plupart des affaires qui sont portées devant elles sont des affaires qui concernent l’Afrique. Est-ce à dire que les cas de violences en Afghanistan, en Syrie, et dans plein d’autres régions ne méritent pas son attention ?

La conséquence immédiate est que les Etats Africains lui ont tourné le dos. Ce désamour s’est accentué dans le dossier Omar El Béchir, où on a observé le manque de coopération de la part des Etats Africains (dont la Cour est dépendante).

La CPI, qui a été créé avec une mission noble, a été pervertie aujourd’hui du fait des intérêts égoïstes de certaines grandes puissances, et beaucoup d’africains pensent aujourd’hui que cette juridiction n’a plus de légitimité car étant perçue comme une juridiction néocoloniale. Il faut donc repenser à un modèle continental qui permette à l’Afrique et aux Africains de connaitre leurs propres dossiers judiciaires comme cela a été le cas pour le procès de l’ancien président Hissène Habré.

Affaire à suivre…

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire ici
S'il Vous plait Entrez votre nom ici