L’arrestation du président malien Ibrahim Boubakar Keita survenue hier, mardi 18 août, et orchestrée par des militaires, vient remettre au centre des débats, une problématique fondamentale à savoir, la pertinence de l’héritage colonial politique que nous ont légué les colons, notamment « la démocratie. » et si au-delà des hommes, c’était ce modèle de gouvernance qui serait la source de tous nos maux ? Analyse et décryptage dans cet article.

 Après la seconde guerre mondiale et la montée des mouvements nationalistes à travers le monde, l’Afrique aspirait de plus en plus à son autodétermination. Et comme à leur habitude, certains occidentaux, contraints de lâcher de la laisse, ont servi aux africains un modèle d’indépendance avec des valeurs de la démocratie occidentale qui ne correspondent en rien à l’essence même du rapport que l’africain a avec le pouvoir. Dans cet article l’on passera en revue, les raisons de l’immobilisme au sommet des États africains.

Renversement des valeurs

Le pouvoir en Afrique est régi par une structure démocratique appelé ”tradition” ou les gardiens sont des sages.  Il s’agit d’un cercle restreint de personnes ayant le vécu physique et métaphysique leur permettant d’orienter le jeune roi dans sa tâche de souveraineté. Ils devaient également contrôler les actions de ce dernier. Ainsi si le roi viole gravement la Coutume (ensemble des lois codifiées que chaque personne est appelée à respecter au sein du royaume, le souverain y compris.), il encourt une peine allant jusqu’à la condamnation à mort. C’est donc cette disposition ancestrale, séculaire que l’Occident a détruit pour s’assurer de toujours avoir le dernier mot dans les affaires africaines.

conseil des sages africains/copyright DR

Les indépendances et l’imposition d’un ordre occidental en Afrique

Dans les sociétés occidentales, c’est le gendarme qui est chargé de faire régner l’ordre entre le dirigeant et les dirigés. Et c’est donc ce modèle qui est imposé aux africains. Et puisque chaque chef d’’État nouvellement élu se dote d’une armée « qu’il ne connait pas fondamentalement » alors quiconque contrôle celle-ci, contrôle l’État et le soumet à ses caprices.

En Afrique, un chef d’État qui hérite d’une armée la façonne à son image (tyrannique, despotique, ethnique…), et ceci, avec la complicité des occidentaux, aussi longtemps que celui-ci acceptera de servir leurs intérêts. Car, très souvent lorsqu’un président Africain commence en avoir assez de l’ingérence occidentale, celle-ci par le biais de la corruption, s’assure de financer une partie de l’armée dirigée par des généraux assoiffés de pouvoir, qui font fi du patriotisme, n’hésitant pas à plonger le pays dans des guerres civiles à n’en plus finir.

G5 sahel 2020 Mauritanie
Emmanuel macron et les présidents Africains lors du G5 sahel

Le cas récent du renversement du président malien, n’est que le n-ième coup d’état survenu sur le continent, donnant ainsi l’image d’une Afrique divisée où règne une instabilité permanente.

Bien avant le président IBK, nous avons encore tous en mémoire l’arrestation barbare de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, celle de l’ancien président gabonais Léon Mba en 1964, celle du président algérien Ahmed Ben Bella en 1965, celle de l’ancien président togolais Sylvanus Olympio en 1963, celle du président ghanéen Nkwame Nkrumah en 1966, celle du président malien modibo Keita en 1968, celle du président burkinabè Thomas Sankara, en 1987, celle du président congolais Mobutu en 1997, celle du président du zimbabwe Robert Mugabé en 2017, et la liste est encore très longue.

Eu égard de ces multiples coups d’états en Afrique, nous relevons deux dénominateurs communs importants à savoir : ils ont tous débuté dans les années 1960 pendant la période dites des « indépendances », deuxièmement la grande majorité de ces pays Africains ont été colonisés par la France. Serait-ce une Simple coïncidence ?   

Mise en perspective

Il faudrait que dans les années à venir, les États africains mettent sur pied des forces capables d’orienter les chefs d’États, de leur imposer des limites. Un système d’incorruptibles et sages qui feront prévaloir l’intérêt général envers et contre tout. Afin de sortir de la malédiction des « Républiques bananières » où la volonté d’un individu fait la pluie et le beau temps contre le gré du peuple. Nous devons penser un modèle de gouvernance, propre à nos cultures et nos traditions

Plus important encore, au-delà d’une véritable indépendance politique à laquelle nous aspirons tous, il faudrait tout d’abord lutter pour reconquérir notre indépendance économique, culturelle et spirituelle qui sont des préalables incontournables. Car comme le dit le proverbe :

C’est toujours la main qui paie, qui commande.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire ici
S'il Vous plait Entrez votre nom ici