Suite à la réunion du 25 août prévoyant une grève, les entreprises sous-traitantes d’Eneo ont actionné leurs menaces quelques jours plus tard. Depuis le 31 août, aucune d’entre elles ne fonctionne.

En fait, regroupées autour de l’association d’entreprises et d’eau du Cameroun (ASEELEC), plus de 100 entreprises ont décidé de ne plus exécuter leurs obligations contractuelles. Eneo de son côté procède à une tentative de réconciliation.

Une grève fondée sur des multiples factures impayées

L’enveloppe due par l’exploitant électrique est un ensemble de prestations impayées depuis plusieurs années. En fait, il s’agit des dettes datant de cinq années. Depuis plus de cinq ans, le passif de cette entreprise ne fait que croitre. Ces six milliards représentent un grand montant pour la survie des entreprises locales. 

Pour revendiquer ces impayés, il fallait user des mesures utiles : sursoir à tout engagement pour le compte d’Eneo. « Pendant ce temps, nous n’effectuerons plus des travaux de construction et d’entretien du réseau électrique.  Et nous avons déjà prévenu les gouverneurs de régions de ce que les pannes électriques et les perturbations du réseau électrique qui surviendront pendant cette période n’auront pas de solutions ». Voici comment s’exprimait Mathurin Zébazé Ngehou, en sa qualité de président de cette association.

Les autres motifs

En plus de ces impayés, les membres de l’association accusent Eneo de plusieurs autres manœuvres injustes. En ce sens, elle juge négativement le fait que l’exploitant fixe unilatéralement le prix des prestations et la lourdeur des procédures dans le paiement. Ce qui explique ces nombreux retards accusés. Selon Emmanuel Tumetoh, « les procédures de paiement à Eneo sont très lourdes et vont de six mois à deux ans, voire six ans ».

Ainsi cette grève a été mal perçue par l’exploitant électrique. Dans sa correspondance du 27 août, le directeur général d’Eneo, tout confus et surpris estimait que ces mesures « diffamatoires » sont disproportionnées. Bien que cette dette soit réelle, les entreprises sous-traitantes ont  très mal agi.

Une dette préjudiciable pour de nombreuses PME camerounaises

D’après le président de l’ASEELEC, « Les impayés d’Eneo prennent une proportion alarmante au point ou plusieurs de nos entreprises ont fait faillite. Nos employés en pâtissent avec des retards de salaires et il est question de marquer un temps d’arrêt pour réclamer notre dû.»

Ce qui signifie que les dettes et factures impayées créent des effets perturbateurs sur la survie des entreprises. Aussi elles influencent sur la qualité des prestations fournies. Du fait de ces impayés, les PME camerounaises tombent en faillite et finissent par fermer boutique.

C’est une forme de provocation et de déstabilisation du patriotisme économique par cette filiale étrangère. Le pire, c’est qu’on note une volonté de ralentissement de l’économie camerounaise.

Se cachent dans cette dette des ambitions malveillantes. Profiter des efforts des PME et provoquer leur dépendance vis-à-vis d’Eneo voici le fond de l’idée. C’est une forme d’injustice intolérable. Face à tout cela, il est tout à fait normal que ces entreprises sous-traitantes se régalent de cette grève. Car en réalité elles ont pu faire preuve de patience et d’espérance d’un paiement.

Un penchant utile pour le redressement des entreprises en difficultés

De tout ce qui précède, cette grève est une décision salutaire pour la réaffirmation des entreprises camerounaises.

Malgré cette exploitation et marginalisation, elles se bornent toujours à garantir l’entretien du réseau électrique. Puisque l’objectif de cette grève n’est pas de militer pour un désordre. Elle vise plutôt l’affirmation de ce partenariat gagnant-gagnant qui lie Eneo à ses sous-traitants.

Menaçant de ne plus effectuer des travaux d’entretien et de maintenance du réseau routier, les effets de cette grève pourront ralentir plusieurs activités.

Compte tenu de l’importance de l’électricité pour les usines, les commerçants, les institutions publiques et privées, cette grève risque influencer négativement sur l’économie et plusieurs autres domaines. D’où l’urgence de la recherche des solutions.

L’annonce d’une réunion qui aura lieu ce 04 septembre

Agressée par cette situation, la direction générale d’Eneo a prévu organiser une réunion ce 04 septembre. Surement qu’elle portera des fruits. De la position catégorique des membres de l’association, cette réunion doit au moins se borner à les satisfaire. Dans tous les cas, le compte rendu de cette rencontre nous renseignera effectivement sur ce qui sera dit.

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