L’une des innovations attendues de la loi de finances 2021, était bien évidemment la suppression ou tout au moins l’allègement des droits d’accise sur les produits de beauté fabriqués au Cameroun, dans l’optique de revigorer un secteur en proie à une concurrence étrangère déloyale.

LE CONTEXTE

Dans son rapport de 2019, l’institut national de la statistique (INS) a révélé que, le Cameroun a dépensé pas moins de :

30 milliards de FCFA seulement dans l’importation des parfums et autres produits de beauté, soit une quantité d’environ 9 154 tonnes, 14,19 milliards de FCFA pour importer 16 517 tonnes de savons et lessives, et 69,73 milliards pour gonfler le marché local avec 37 491 tonnes de produits chimiques. Des statistiques qui témoignent à suffisance des pertes observées annuellement dans l’économie nationale.

PAR DESSUS TOUT

Les produits cosmétiques, qu’ils soient fabriqués localement ou non étaient encore soumis à un droit d’accise ad valorem dont le taux fixe culminait à hauteur de 50%. Derrière cet autre tour de vis, se cachait “l’idée de combattre(…) la dépigmentation à défaut d’interdire des produits à l’hydroquinone…’’ avait-on expliqué.

Très inquiets, les industriels ont saisi plusieurs fois le gouvernement à travers le ministère du commerce dans l’optique d’obtenir de ce dernier disaient-ils, “un véritable accompagnement des producteurs en terme de sensibilisation, de formation et de réduction des coûts d’importation des matières premières et outils de production’’.

Une requête qui coïncidait avec le vœu du gouvernement d’une inversion significative dans les délais courts, du niveau d’importation des produits cosmétiques. 

« Nous ne pouvons plus continuer d’importer autant, je souhaite personnellement que nous y allions vite et le gouvernement est attentif à ce processus » avait expliqué le ministre en charge du commerce lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur en février 2019 avant de conclure « il est clair pour le gouvernement que cela doit s’arrêter. Notre but est de réduire ces importations, mais évidemment, il est aussi important de s’assurer que la protection de la production locale prend en compte les exigences et les objectifs de santé publique ».

Et ce n’est pas tout, la pandémie à corona virus est à son tour venue encore aggraver la situation d’un secteur déjà très mal en point.

Publicité

Une succession d’évènements, qui a conduit à la signature le 30 décembre dernier, de la circulaire n°00000242/C/MINFI portant instructions relatives à l’exécution des lois de finances, au suivi et au contrôle de l’exécution du budget de l’Etat et des autres entités publiques pour l’exercice 2021 par le ministre des finances LOUIS PAUL MOTAZE. Le document en question consacre bien évidemment « la suppression des droits d’accise sur les produits cosmétiques produits localement ».

DU PAIN BENI

Dans un secteur d’activité où les produits locaux n’occupent que 25% du marché, l’on ne pouvait pas espérer mieux comme coup de pouce de la part des pouvoirs publics pour rétablir l’équilibre. Cette mesure de promotion de l’import-substitution entend « permettre à l’industrie locale de faire face à la concurrence des produits importés qui demeurent un facteur de dégradation de notre balance commerciale ». Ainsi peut-on lire dans la circulaire sus-évoquée.

Fort d’une clientèle estimée à près de 9 millions de personnes (vivant essentiellement en milieu urbain) à laquelle s’ajoute une croissance qui se renforce d’année en année (5,6 en 2017 contre 6,3 en 2018) le marché des cosmétiques national fait saliver plus d’un.

Nul doute que désormais, les bénéfices engrangés du fait de l’exonération du droit d’accise permettront de renforcer les industries préexistantes, créer de nouvelles et générer des emplois. Néanmoins pour rivaliser efficacement avec les multinationales qui dominent actuellement ledit marché, il faudra penser à résorber la contrefaçon à l’origine des pertes de l’ordre de 18% chaque année.

Nous y reviendrons…

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire ici
S'il Vous plait Entrez votre nom ici