Après des longues décennies de négociations et d’ententes, l’ECO qui devrait remplacer le franc CFA en Afrique de l’Ouest est toujours en attente.

Pour emboîter le pas de cette sous-région, il se pourrait que les États membres de la CEMAC soient dans la négociation d’un projet allant dans ce sens. Selon quelques indiscrétions, un accord passé tout récemment entre la CEMAC et la France prévoit le remplacement du Franc CFA par l’ECO.

Cette information, bien qu’officieuse a été confiée par des officiels camerounais à certains investisseurs étrangers.

Origines et évolution de l’actualité autour de l’Eco

Tous héritiers du Franc CFA, certains pays d’Afrique de l’Ouest (notamment ceux membres de l’UEMOA) et de la zone CEMAC ont décidé d’abandonner cet héritage issu de la colonisation.

Originellement, l’ECO est une formulation découlant de la pensée des pays de la ZMOA (constituée principalement des États anglophones d’Afrique de l’Ouest). C’est une appellation extraite de l’acronyme ECOWAS (version anglaise de la CEDEAO). Tout commence à se concrétiser en 2009.

Désirant faire partie de cette belle aventure initiée par ces pays anglophones, les pays de l’UEMOA (tous ayant pour monnaie le Franc CFA) se rallient en 2013 pour former un groupe solide et solidaire. Du coup, l’ECO originel devait circuler dans tous les quinze pays de la CEDEAO.

Cette nouvelle monnaie présente des avantages largement favorables. Elle prévoit un taux de parité flexible, les réserves financières seront conservées en Afrique, les banques centrales recevront plus de pouvoirs.

Mais subitement, un autre projet portant sur l’ECO a été érigé par le président ivoirien Alassane Ouattara et le président Français Emmanuel Macron. Ce second projet venait contredire partiellement le fond du projet initial.

En clair, à l’heure actuelle, deux types d’ECO sont en concours au sein de la CEDEAO. La question fondamentale est de savoir sur quel modèle l’ECO de la CEMAC s’inspire ?

 Un désir commun de rompre avec le Franc CFA

Le corolaire principal de ces deux initiatives (ECO initial et ECO de Ouattara) est la recherche de l’indépendance monétaire. En effet, le franc CFA, dans sa conception actuelle retient tous les pays africains dans une situation de dépendance vis-à-vis de la France.

Le caractère fixe du taux de parité, l’immixtion française sont autant de signes révélateurs de cet impérialisme financier.

Pour ce faire, en voyant de plus près, l’analyse de ce récent accord permet de dire que l’ECO qui verra le jour en Afrique Centrale est sûrement celui calqué sur le modèle Français.

Un intrus : la France ! Quels sont les risques ?

Emmanuel Macron

Pourquoi la France doit-elle toujours intervenir dans le cadre des reformes concernant les pays africains ? Le souhait principal de toutes ces reformes est de bannir cette dernière dans la gestion des affaires africaines.

D’après le résumé de cet accord, la CEMAC aura plus de pouvoir à travers cet ECO. Mais la France reste garante des risques et difficultés de fonctionnement de cette monnaie. En plus, à la différence de l’ECO de l’UEMOA, « le rapatriement des réserves des comptes français […] ne sera pas acté ». Autrement dit, la marge de dépendance reste toujours au profit de la France.

Aussi, l’euro sera la monnaie secouriste ou salvatrice de l’ECO. Toute cette supercherie est une forme de domination voilée. Rien ne garantit la crédibilité de ces offres prometteuses de la France.

Comment est perçue cette réforme et quelles sont  les opinions émises à ce sujet?

Cette information de vouloir introduire l’ECO en Afrique centrale est mitigée.

D’un côté, certains chefs d’État et dirigeants pensent que c’est un projet qui peut se concrétiser sur un long terme. Cependant ils précisent qu’il faut envisager ce projet avec méfiance.

Prenant appui et des exemples sur la situation dégradante qui sévit  au sein de la CEDEAO, Daniel Ona Ondo en sa qualité de président de la commission CEMAC disait en février 2020 que les négociations sont encore en cours. Aussi, les différentes incompréhensions et les « non-dits » concernant ce projet risquent bouleverser les situations économiques des pays de la CEMAC d’une part et ceux voisins d’autres part.

A titre d’exemple, la concrétisation de cet accord viendra accentuer la colère du président nigérian ; car ce dernier est encore  gêné par la trahison des présidents Ouattara et Macron.

Envisagé aussi avec prudence par certains chefs d’État, ce projet de réforme est un peu délicat. Selon le président équato-guinéen, « Nous avons abordé cette question qui consiste à nous libérer de notre partenaire monétaire, car nous sommes déjà une sous-région capable de se prendre en charge sur ce plan ».

Pour le président congolais Denis Sassou Nguesso, « c’est une question dont on parle partout, y compris dans la presse. Mais c’est un point sensible qu’il faut aborder avec responsabilité ».

Ne s’étant pas encore prononcé, l’opinion du président camerounais reste encore inconnue. En sa qualité de président en exercice de la CEMAC, ses observations devront mieux garantir la position de cette sous-région.

En conclusion, l’introduction d’une nouvelle monnaie au sein de la CEMAC sera plus facile si celle-ci offre une garantie qui favorise les États africains. Nous pensons ainsi à la préservation du pouvoir de gestion et de la politique monétaire à leur profit.

Nous y reviendrons…

1 COMMENTAIRE

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire ici
S'il Vous plait Entrez votre nom ici