L’univers des jeux vidéos au Cameroun a toujours fasciné de nombreux fans et adeptes. En fait, depuis plusieurs décennies, les jeunes gamers camerounais ont eu l’audace de s’affirmer par leur talent à travers l’Afrique et le monde entier.

Grâce à ce talent et leur optimisme, des jeunes développeurs camerounais ont pu présenter des jeux reflétant leurs réalités culturelles et géographiques. Dorénavant, il est possible de se laisser emporter par des jeux « made in Cameroon ». Ainsi, qui détient la plus grosse part du gâteau du marché des jeux vidéo au Cameroun ? Analyses, décryptage et commentaires :

Les principaux précurseurs du marché des jeux vidéos dans le monde…

Les studios investis dans le développement des jeux vidéos sont nombreux. Ainsi, on distingue aussi bien des jeux d’inspiration étrangère et ceux créés par des développeurs locaux.

En fait, il est à noter que les gamers camerounais se plaisent dans des jeux occidentaux. Bien que représentant un danger pour l’économie africaine en général, ce marché est dominé par des jeux venus « d’ailleurs ». Ainsi, les jeux de combats, de sport, de stratégie ou encore d’aventure sont fortement sollicités sur le marché. Plus précisément, les studios tels KONAMI, SONY, GAMELOFT, SNK, POPCAP GAMES… ont su conquérir de grosses parts du marché. Les jeux tels KING OF FIGHTERS, DRAGON BALL Z, GTA, ZUMA, PRO EVOLUTION SOCCER, MORTAL KOMBAT, GOD OF WAR sont tellement ancrés dans la mentalité des plusieurs gamers.

Mais Heureusement, il existe aussi…

Des studios défendant l’image du Cameroun

Ceux officiellement reconnus et compétents demeurent les plus populaires sur la scène culturelle et économique. Pour cela, l’on ne saurait parler de jeux vidéos camerounais sans évoquer les studios suivants :

  • Kiro’o games :

Présentant un passé surchargé d’expériences et de multiples acquis, c’est un studio qui développe de nombreux jeux vidéos aimés par de nombreux camerounais et étrangers. La genèse de ce studio remonte aux années 2000. Pour être plus précis, c’est en 2002 que les premières idées ont commencé à s’installer dans l’esprit d’Olivier Madiba, principal co-fondateur de ce studio. C’est effectivement en 2004 que le studio Kiro’o Games est créé.

Aurion L'heritage des Kori Odan C
kiro’o games/ Copyright DR

Animé par la passion, l’enthousiasme l’optimisme et l’esprit d’équipe, Olivier Madiba et ses camarades ont réussi  à sortir en 2016 le tout premier jeu vidéo africain (Aurion l’Héritage de Kori-Odan).

Le succès issu de l’apparition de ce jeu a permis de propulser l’entreprise vers les voies de la gloire. Des financements et des besoins se font ressentir de part et d’autre.

La sollicitation de l’utilisation des scénarios du jeu par Hollywood fut une nouvelle très émouvante pour ses fondateurs. « Notre jeu les a intéressé […] » souligne Olivier Madiba. Pourquoi ne pas se réjouir d’un succès imminent et d’un avenir promoteur ?

L’apparition de ce jeu a permis aussi au studio d’attirer des investisseurs pouvant le soutenir. En fait, quelques temps après la sortie de ce jeu, le studio a lancé une levée de fond pour accroitre son capital. Quelques jours plus tard, ce capital s’est vu être garni par des investisseurs internationaux. Les apports atteignent rapidement le seuil d’une centaine de millions de francs CFA. Compte tenu de l’intérêt accordé à l’avenir des jeux vidéos au Cameroun, le studio a vite reçu la confiance des plusieurs entrepreneurs venant d’horizons divers. 

  • Noohkema games studios : concept issu de la langue Bamiléké, « noohkema » signifie « le lion ». on ressent la manifestation des structures, paysages, personnages et animaux rencontrés au Cameroun dans les différents jeux qu’il développe.
  • SDK Game Africa : studio créé en 2015. Christian-Yves Fongang est l’un des co-fondateurs.

Cette liste (loin d’être exhaustive)  présente les studios les plus assidus en matière de développement des jeux vidéos. En effet, que ce soit l’un ou l’autre, chacun a pu démontrer son effort dans la conquête du monde virtuelle des jeux vidéo pour PC, Android ou tablette et consoles. En clair, le marché local est fortement concurrencé par ces trois entreprises.

King of fighters, le jeu le plus vendu au Cameroun

The King of Fighters 2002 arrive sur Switch, PS4 et Xbox One le 27 ...

Ayant dépassé largement le seuil des 100 000 000 de copies dans le monde, ce jeu est développé par un géant japonais (le studio SNK). Apparu vers les années 2000 au Cameroun,  ce jeu a su corrompre peu à peu  les esprits. Actuellement, que ce soit sur PlayStation, sur PC, sur Android, ou encore la Xbox et les mini consoles, ce jeu est dominant. Sa version java, développée pour les petits téléphones vintages a permis de conquérir tout le marché camerounais. Dans de nombreuses salles de jeux implantées dans les villes du Cameroun, il est difficile d’y accéder sans remarquer que ce jeu soit en cours. En clair, dans presque toutes les salles de jeu, le King of fighters domine les écrans.

Quels risques pour les start-ups locales ?

Eu égard de l’importance du développement de l’investissement numérique en Afrique, les jeux camerounais doivent constituer un pôle essentiel. Compte tenu de l’amour des jeux venus d’ailleurs, l’avenir des jeux vidéos africains et camerounais est fortement menacé. De façon précise, les jeux occidentaux influencent défavorablement sur la promotion de ceux locaux.

En fait, il est nécessaire d’encourager le développement local. Pour cela, les camerounais sont appelés à mobiliser des efforts pour promouvoir l’industrie de l’univers ludique. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les sites de marketing, les studios camerounais doivent collaborer pour favoriser un développement intégré.

Au demeurant, les entrepreneurs camerounais ont pris conscience de la bataille à la fois stratégique et culturelle qui se joue dans le marché des jeux vidéos, et ont décidé eux aussi de réclamer leur part du gâteau. Ce qui est à féliciter et à encourager ! Car, il est quasiment impossible de rêver d’une Afrique par les africains et pour les africains sans une conquête et une domination majeure de ce secteur par les entreprises locales.

Hélas, contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, les jeux ne servent pas qu’à se divertir. Ce sont également des instruments majeurs de la construction de l’identité culturelle d’un individu. Car les enfants africains qui passent le temps à jouer aux jeux vidéos occidentaux avec des paysages, de la musique et la culture étrangère, s’associeront inconsciemment à cela. Et une fois adultes, ils auront tendance à rejeter leur culture et tous les produits qui en découlent, au profit de ceux étrangers. Et ce n’est pas un fruit du hasard !

Vous l’avez certainement compris ce n’est pas de la rigolade. Au 21e siècle, la colonisation est d’abord, culturelle et économique. Et face à cela, chacun de nous doit choisir son camp.  

Pan-Eco Media Group : Une vision de l’Afrique par les africains et pour les africains.

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