D’après les chiffres communiqués par l’Institut National de la Statistique, le montant des importations du Cameroun s’élève à 3405,2 milliards de FCFA en 2018 soit une hausse de 11,5% en comparaison avec l’année 2017. Ces importations proviennent de 189 pays et la Chine arrive en pole position avec 18,5% suivie par la France (8,3%) ; le Nigéria (5,6%) et les Pays-Bas (4,8%).

Avec la ratification des accords de partenariats économiques entre le Cameroun et l’Union Européenne, les consommateurs camerounais découvrent dans les rayons des supermarchés des produits venus d’Occident. Carrefour en sa qualité de géant de la grande distribution entend se tailler la part du lion dans ce nouveau marché. Poulets, lait en poudre, sucre etc…, des produits de première nécessité donc qui ne sont pas sans conséquence pour les producteurs locaux et la santé des consommateurs Camerounais.

Les importations, un poison vis-à-vis du Made In Cameroun

En permettant au géant français Carrefour (entre autres) de s’installer au Cameroun pour y vendre entre autres des poulets prêts à la cuisson, le gouvernement du Cameroun favorise l’extinction des parts de marché de ses producteurs locaux déjà mal en point. Étant donné que ces grandes surfaces produisent en grande quantité, ce qui leur permet d’avoir des prix compétitifs, les producteurs locaux auront du mal à rivaliser. Il devient donc improbable pour le petit entrepreneur camerounais de s’imposer chez lui alors que les occidentaux s’imposent d’abord chez eux en imposant le nationalisme puis adopte une posture libérale en allant à l’étranger chercher des parts de marchés. Outre les producteurs qui sont des acteurs de premiers plans de l’économie, les consommateurs Camerounais subissent aussi les conséquences de ces importations pêle-mêles.

importations de riz Vs Riz made in Cameroun/ copyright Cameroun tribune

Les répercussions sanitaires des produits importés

Les produits alimentaires qui proviennent des grosses firmes multinationales ne sont pas sans conséquence sur la santé des populations. Aujourd’hui, le Cameroun connaît une hausse des maladies qui jusqu’ici était inexistantes au sein de sa population. Le cancer, les arrêts cardiovasculaires (et bien d’autres) montent en flèche.

Aujourd’hui les cas de fausses-couches sont nombreux mais peu de camerounais font la corrélation avec la consommation des produits ayant été boostés à base de pesticides. D’après le portail Futura Sciences, les pesticides constituent un risque d’avortement spontané ainsi que de graves malformations fœtales. Nombreuses sont ces personnes qui raffolent des sucreries qui ont des conséquences sanitaires car ces produits sont sujets à des additifs chimiques et entraînent de ce fait des détériorations sur le plan de la santé. Ainsi les troubles de la concentration, du sommeil ou de la dépression sont monnaies courantes. Face à ces nombreuses répercussions sanitaires il y a urgence d’action.

Une réaction timide du Gouvernement

Le magazine investir au Cameroun rapporte que le ministère du commerce entrevoit l’interdiction de cinquante produits d’importations au Cameroun afin de limiter les risques sur la santé et l’économie locale. La liste des produits était censée être rendue publique par le Groupement Inter Patronal (GICAM). Les produits frappés d’interdiction sont issus de la métallurgie, de la peinture, des emballages plastiques, de l’agroalimentaire etc… Dans la même cadence que le ministère de la Communication (Mincom), le ministère des Finances (Minfi) envisage une mise en place des outils fiscaux ayant pour but de freiner les importations pour booster la production locale et redresser la balance économique du pays.

À la lumière des récents événements notamment la crise du Covid-19 qui a eu un impact considérable sur l’économie du Cameroun, l’on apprend que le gouvernement camerounais a suspendu les APE avec l’Union Européenne. Il y a donc une chance que ces importations qui ruinent la santé et l’économie locale soient freinées. Cette suspension vise à éviter au Cameroun d’importantes moins-values en termes de recettes douanières alors que le texte signé en 2016 accordait une suppression de 80% des droits de douanes sur les produits en provenance de l’UE.

Malgré les mesures protectionnistes qui pourront être mises sur pied, l’urgence réside dans la production à grande échelle. En effet, la limitation des importations ne peut se faire que si la demande nationale est capable d’être satisfaite par les producteurs locaux, ce qui n’est pas encore le cas dans certains secteurs.

Il reste beaucoup à faire donc…

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