Le 7 septembre 2020 à Niamey, les chefs d’États et de gouvernement de la CEDEAO ont décidé de repousser la date de mise en vigueur de l’Eco, la nouvelle monnaie (unique) des États de l’Afrique de l’Ouest.

En 2019 à Abuja, il avait été décidé que l’Eco serait mis en vigueur en 2020 avec un régime de taux de change flexible et la mise sur pied d’une banque centrale. Cette annonce de report vient donc confirmer la discorde qui existait déjà entre les États de la CEDEAO.

Une discorde née de la non atteinte des critères de convergence par les États

C’est par un tweet du 10 février 2020 que le Nigeria faisait part de son malaise quant à la décision d’Alassane Ouattara de réformer le FCFA -et d’adopter l’Eco comme monnaie unique de la CEDEAO- en militant pour son report. Selon ce tweet, « la position du Nigéria est que les critères de convergence (entre Etats) n’ont pas été atteints par la majorité des pays. Il doit par conséquent y avoir un report du lancement de la monnaie unique ».

Après leur intention de lancer la monnaie unique, le Nigeria et certains pays de la sous-région avaient fait part de ce que l’Eco ne devait pas faire être associé à une monnaie(l’euro) qui va à l’encontre des critères retenus lors du sommet d’Abuja.

L’impossibilité du respect des délais prévus

Étant dans une impasse, eu égard à ce qu’il restait encore à faire notamment la mise sur pied de la banque centrale et la précision quant au régime de change entre autres, les dirigeants de la CEDEAO ont donc décidé de « différer, à une date ultérieure, le lancement de la monnaie unique » et la nécessité d’une « nouvelle feuille de route ». La mise en vigueur de cette nouvelle monnaie dans un temps aussi court se présentait comme un véritable challenge. Son report est donc judicieux.

Des progrès réalisés du côté de l’UEMOA

Après l’abandon du Franc CFA par les pays de l’UEMOA et la manifestation de leur intention d’adopter l’Eco, plusieurs préalables restaient à définir, mais ceux-ci voulaient aller vite en besogne ce qui a justifié les inquiétudes des autres Etats. Il y a quelques mois, Muhammadu Buhari affirmait d’ailleurs que

« j’ai l’impression que la zone UEMOA souhaite adopter l’Eco en remplacement de son FCFA avant les autres Etats membres de la CEDEAO. Il est préoccupant que ceux avec qui nous souhaitons entrer dans une union fassent des pas importants sans nous faire confiance pour en discuter ». Pour lui, il fallait « procéder avec prudence » et se « conformer au processus convenu pour atteindre notre objectif commun ».

Les choses ont sans doute évolué dans le bon sens depuis lors, car ce 7 septembre, selon le ministre Sierra-léonais des affaires étrangères, des « transformations importantes ont été réalisées dans la zone monétaire UEMOA ».

Quelles incidences ?

Depuis l’annonce de la réforme du FCFA par Alassane Ouattara et Emmanuel Macron et l’adoption de l’Eco, on avait observé des divergences d’opinions de la part des États de la CEDEAO relativement à la forme que devait prendre cette monnaie.

Le président Nigérian ainsi que son homologue ghanéen avaient fait part de leur désapprobation quant à la parité fixe avec l’Euro entre autres. La crise sanitaire actuelle est également un élément probant qui justifie, outre le point susmentionné, le retard dans la mise en application de ladite monnaie.

Dans un environnement ou les États clament de plus en plus leur souveraineté monétaire et économique, il faut rompre totalement les liens avec les puissances coloniales d’antan, et mettre en place un cadre idoine qui permettra aux pays africains de s’« auto-gérer » dans ce secteur hautement stratégique, sans une quelconque intervention extérieure.

Les conséquences -ou non- de ce report se feront sentir dans les mois à venir. Mais il y a une nécessité de bien faire les choses pour mettre en place une monnaie commune qui servent les intérêts des États Africains.

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