La vieillesse est sur le plan professionnel un motif de cessation d’activité. Le domaine musical ou alors artistique par extension n’épargne pas ses membres. En effet, plusieurs artistes camerounais, une fois âgés deviennent juste des pots de fleurs pour la culture camerounaise. Plusieurs raisons peuvent justifier cette situation défavorable. Ensemble, parcourrons les contours de cette triste réalité.

Le statut de l’artiste camerounais : mythe ou réalité ?

Le véritable statut de l’artiste camerounais fait toujours l’objet de vifs débats dans les médias. Dans les faits, un artiste au Cameroun vit en fonction de son travail. Il existe très peu d’artistes, qui jouissent de toutes les prérogatives et avantages liés à leurs œuvres. En clair, les textes concernant les droits d’auteurs sont juste des éléments de rangement dans l’aménagement ou l’ordonnancement juridique camerounais.

A titre comparatif, les pratiques existantes ailleurs (dans d’autres pays) permettent de démontrer une large différence dans la reconnaissance du statut d’artiste au Cameroun. Par exemple, dans ces autres pays, ce statut accompagne les artistes à partir de leur jeunesse jusqu’à leur vieillesse.

Contrairement aux autres membres de professions libérales à l’instar des avocats, des huissiers de justice ou experts comptables, les artistes souffrent énormément pour se faire une place au soleil. En fait, il est difficile pour un artiste camerounais de s’affirmer avec fierté parce qu’il a perçu ses droits d’auteurs ou parce qu’il a vendu ses œuvres. Toutes ces difficultés s’expliquent par des raisons plus ou moins soutenables.

Les causes…

Les causes qui justifient la marginalisation des artistes camerounais sont nombreuses. Nous relevons entre autres : des lenteurs des procédures administratives pour des activités musicales (concerts), de la piraterie et même de la corruption, à cause de tout ceci, l’artiste camerounais ne parvient pas à s’affirmer avec aisance. Par cette posture inquiétante, il n’est pas surprenant d’assister, à un abandon des artistes souffrant pour des soucis de santé ou encore pour des raisons politiques.

Avec un ministère des arts et de la culture qui joue à la sourde oreille, physiquement, matériellement ou psychologiquement, les images de nos stars sont ternies. Et par ricochet, celle de tous les camerounais.

Enseveli par les secousses de la vie, le poids de l’âge et très souvent par la misère, le vieux artiste inactif, supposé en retraite fini par s’éteindre parce qu’il n’a pas été assisté.

l’artiste camerounaise maman Nguea à l’hopital, quelques mois avant sa mort.

L’illustration la plus palpable qui est d’actualité, reste le décès tragique de maman Nguéa qui est considéré comme une « matriarche du makossa ». En effet, cette dernière qui était âgée de 60 ans est décédée ce dimanche 14 juin. La cause du décès comme pour plusieurs artistes avant elle, est due à “une longue maladie.”

Avant que cette dernière ne nous quitte pour toujours, certains artistes à l’instar de Messi Matin, Jean Bikoko Aladin, Aloa Javis Lisa T, Mekongo Président, sont tous décédés des suites de pauvreté, de maladie et d’abandon. Une pensée pieuse à leur endroit devrait quotidiennement conscientiser la nouvelle génération d’artistes camerounais, si ceux-ci ne souhaitent pas subir le même sort.

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