Soixante ans après les indépendances, l’analyste politique pierrette Stéphanie Moankono, pense que les africains n’ont toujours pas compris, comment les choses fonctionnent en politique. Au vu des récents évènements en cours sur le continent, elle nous rappelle dans cet article une règle fondamentale.

Jamais les Africains ne se seront intéressés à la politique comme c’est le cas depuis quelques années maintenant. La faute aux nombreux événements qui ont cours sur le Continent et en dehors. Des évènements qui ont des impacts retentissants, favorisant ainsi une sortie de sommeil à la fois brutale et lente.

On pourrait même dire que jamais la politique ne s’est mieux portée en Afrique que depuis l’avènement du CORONAVIRUS. De l’avis de nombreux experts sur la question, ce virus est porteur de changements dans plusieurs domaines ainsi que dans le mode de fonctionnement des États africains.

Et si c’est un fait dont on peut être fière, car enfin nous africains commençons à nous intéresser aux choses importantes qui concernent notre devenir, il n’en demeure pas moins que nous sommes toujours freinés par un facteur capital, qui nous limite dans notre élan :

L’Émotion

À ce titre, Léopold Sédar Senghor en 1939 disait : « l’émotion est nègre comme la raison hellène.»

Ce qui était vrai il y’a plusieurs décennies l’est toujours autant aujourd’hui. Ce qui dénote d’une stagnation intellectuelle frustrante. L’Africain n’a donc pas appris après toutes ces années les leçons du passé et les conséquences de mettre toujours en avant L’Émotion ?

En affirmant ces mots, Senghor mettait en évidence une faiblesse qui limitait les Africains, non seulement dans leurs réflexions mais surtout dans leurs façons d’aborder les rapports avec les autres.

Ah tient la politique !

Les Africains ont un gros faible pour  la Politique-Passion, La politique Sensationnelle, La Politique émotionnelle. Celle qui fait appel aux sentiments. Ce genre de politique, nous rend vulnérables et à la merci des loups occidentaux.

Manifestations cote d’ivoire

Qu’est ce qui est plus manipulable que les émotions ? Qu’est ce qui est plus influençable qu’une personne gouvernée par ce qu’elle ressent ? C’est triste mais c’est la réalité. La réalité africaine. Mais cette réalité, ils l’ignorent. Ne dit-on pas que : « Mon peuple périt faute de connaissance. »

L’Émotion, c’est une qualité qu’on nous reconnaît et dont on aime se faire valoir. Sauf qu’en politique c’est un handicap, c’est un boulet : C’est l’erreur fatale à ne pas commettre.

En politique faire montre d’émotions c’est donner son mode de fonctionnement aux autres, qui s’en serviront à leurs fins. Il est bien d’aimer les autres, et de s’aimer encore plus, oui. Mais il est plus intelligent de garder à l’esprit le seul et unique principe qui gouverne les rapports sur la scène internationale et qui stipule que :

Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts

Les sentiments n’existent pas en politique, sauf les Faux-semblants. L’Émotion n’y a pas sa place. Et Il est temps de le comprendre. Tant que les Africains penseront avec émotion et non avec raison, ils ne comprendront pas toute la complexité des rapports avec les autres, et même entre eux. Et surtout pas de la politique pratiquée sous leurs yeux, contre eux.

Hélas! Même dans la manière de procéder, l’Africain cherche toujours à plaire à l’Occident. Il suffit de voir comment tel peuple Africain jubile de recevoir de l’aide étrangère ou tel autre se réjouit de l’ouverture d’une grande surface d’expatriés…

En politique l’émotion est une arme forgée contre l’Africain pour le pousser à rechercher l’approbation de l’extérieur. Il faut en prendre conscience et rectifier le tir pour pouvoir provoquer et impulser le changement tant désiré. Afin d’être au même pied d’égalité que tous les autres et d’occuper enfin la place qu’elle mérite, cette Afrique mâture, Grande et Fière.

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