Depuis le 11 mars 2020, date à laquelle l’épidémie de Covid-19 est déclarée pandémie par l’O.M. S, des mesures de réduction de la propagation, les unes plus rigides que les autres, sont prises par les États.

Sur le plan de l’éducation, certains pays africains baignent dans une confusion totale, entre décisions et contre décisions, prescription et revirement, système de mi-temps et de plein-temps, réduction du nombre de matières et pluridisciplinarité, diminution du quota horaire et défi de la couverture des programmes. Bref, l’école en Afrique semble mal partie.     

2020, une année scolaire au rabais

Elle est restée exceptionnelle dans l’histoire des années scolaires dans le monde en général et en Afrique en particulier. L’année 2020 aura connu une perturbation de forte ampleur due à la crise sanitaire de Coronavirus.

Apparue en Chine, cette maladie s’est intempestivement invitée dans le cours de la vie, avec ses multiples contraintes et son vocabulaire plutôt curieux : confinement, cache-nez, mise en quarantaine, gel hydroalcoolique, distanciation sociale, mesures barrières…Dans la foulée, de nombreux États ont décidé de la fermeture de certains milieux populaires à l’instar des marchés, discothèques, stades, restaurants et écoles.

En Afrique, plusieurs écoles sont restées fermées par respect pour le confinement. C’est le cas de Madagascar où la décision est prise en mars.

Du mois de mars à celui de juillet, les élèves se tournent les pouces, loin de leurs cahiers et des obligations scolaires. Toutefois, seuls ceux des classes d’examens reprennent les cours en fin avril, dans l’optique de préparer lesdits examens prévus en août.

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Au Cameroun, la situation n’est pas différente. Des plannings spéciaux sont aménagés par les chefs d’établissements pour le suivi des candidats aux examens. Des enseignements télévisés sont aussi organisés, pour réduire le préjudice causé par la pandémie. En outre, des cours de e-learning sont proposés aux élèves qui devront, à cet effet, se munir des téléphones androïdes.

Toutes ces mesures, loin de remplacer l’école ordinaire, se proposent tout de même d’outiller le candidat aux examens futurs. Mais, très vite, les premières limites à cette politique commencent à apparaitre. Par exemple, toutes les localités ne bénéficient pas d’une couverture en énergie, réseau téléphonique ou signal télé. L’État n’est-il pas en train d’instaurer une école élitiste ?

Pour ce qui est des élèves des classes dites intermédiaires, il est décidé que leurs notes des 03 séquences seront additionnées afin de constituer la moyenne générale annuelle. C’est alors sur la base de cette moyenne que le conseil de classe pourra décider de l’admission ou non de chaque élève régulièrement inscrit. Et dire que 3 séquences ont suffi pour l’admission de certains élèves en classe supérieures ! Une éducation en pointillés.

Année scolaire 2021 : une rentrée difficile.

La reprise effective des cours s’est révélée très difficile. Après 8 mois d’interruption chez les uns et un peu plus chez les autres, l’école doit s’adapter aux contraintes liées à la situation sanitaire. En Côte-d’Ivoire, la rentrée scolaire a lieu le 14 septembre, avec des mesures sanitaires renforcées.

En effet, le Ministère de l’Éducation Nationale, en cette date de rentrée, décide du port du masque et du lavage des mains dans toutes les écoles. Bien plus, un comité de veille Covid-19 est mis sur pieds dans les différents établissements scolaires.

Son objectif est de veiller au respect des mesures barrières, sensibiliser sur la lutte contre la propagation du virus et renforcer l’hygiène et la salubrité en milieu scolaire. En droite ligne de ces mesures, une politique de remise à niveau est déployée pendant les 8 premières semaines de l’année scolaire.

Malheureusement, ces décisions essuient de vives critiques et de carences indiscutables : l’on remarque le manque de masques ou de lave-mains dans certains établissements, le grand retard de certains élèves victimes du confinement et la difficile couverture des programmes.

Au Togo, la reprise des cours a lieu le 2 novembre. 2 600 000 écoliers du préscolaire, du niveau primaire, du secondaire général et technique et de la formation professionnelle reprennent le chemin de l’école, après plusieurs mois passés à la maison.

« Avec la persistance de la pandémie et l’inquiétude des parents d’élèves, le gouvernement a prescrit une série de mesures afin de garantir une reprise dans de bonnes conditions. Il s’agit pour chaque établissement de disposer de lave-mains, des gels hydro alcooliques dans toutes les classes, et l’obligation pour les élèves de porter les cache-nez » précise une autorité.  

Au Niger, la difficulté particulière de cette année scolaire est qu’elle coïncide avec la période de récolte, c’est-à-dire, celle pendant laquelle les parents ont le plus besoin de leurs progénitures pour le travail.

Systèmes de plein-temps, mi-temps, quart temps

Le principal enjeu de cette année scolaire 2020/2021 est nul doute, celui de la maitrise des effectifs dans les salles de classe. Au cours du conseil de cabinet tenu par visio-conférence le 24 septembre 2020, la ministre camerounaise des enseignements secondaires indiquait que le nombre d’élèves sera plafonné à 50 par salle de classe, pour 2 élèves par banc.

En plus, l’approche pédagogique implémentée sera un dispositif à trois niveaux comprenant les cours à plein temps, le système de mi-temps et l’approfondissement de l’enseignement en ligne.

Seulement, sur le terrain de l’opérationnalisation, ce dispositif aventureux est la cause d’une confusion artistique observée dans le management du temps scolaire, de la gestion des effectifs et de l’effectivité des enseignements.

Dans plusieurs lycées et collèges de la capitale Yaoundé, l’année scolaire s’est ouverte par le système de plein temps, avec ses obligations chronophages. Puis, en début du mois de janvier, le ministère a prescrit le retour au plein temps avant de revenir au système de mi-temps, 2 semaines après. Capharnaüm !

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Un possible reconfinement en vue ?

De plus en plus, des rumeurs se font persistantes, relayant l’éventualité d’un reconfinement. Se fondant sur le communiqué du ministre de la santé du 18 février faisant état d’une recrudescence du taux de contamination, les relayeurs de cette information de chaumière font une fois de plus planer sur l’école camerounaise, la menace d’une autre année scolaire au rabais.

Alors que toute la vérité n’est pas encore dite sur la pandémie de coronavirus, son existence ou non, sa curabilité ou non, l’efficacité de son vaccin ou non, sa théorie de complot contre les peuples africains ou non, l’école africaine elle, porte déjà les pires séquelles de son existence.

 Par Oleme Salla Stève

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