C’est la période des fêtes de fin d’année. Et comme à l’accoutumée, les prix des articles sont également en fête. Le moment est favorable à la vente des vêtements de toutes sortes, des produits de décoration et bien d’autres. Cette année le made in Cameroon est à l’honneur.

Vêtements confectionnés avec du tissu représentant le nord-ouest, le sud-ouest, l’ouest, le septentrion et le littoral, dans les étalages, les boutiques et les ventes à la sauvette ; la clientèle s’intéresse plus aux vêtements confectionnés localement, avec mélange de tissus pagnes, basin et moins du tissu importé. Pour les clients « le pagne reste le tissu en vogue et ne saurait être mis à l’écart.  Les commerçants, à cette période, déversent sur le marché les invendus de l’année écoulée afin d’augmenter leur chiffre d’affaires et les prix n’arrangent pas ».

Petite balade au cœur du marché Mokolo à Yaoundé

08 h 45 ce 21 décembre 2020. Les premiers rayons de soleil apparaissent. Le marché Mokolo dans la ville de Yaoundé grouille de monde. Derrière les baraques ouvertes, vendeurs et vendeuses vantent les produits du terroir. D’autres ambulants prennent d’assaut les allées du marché. Plusieurs ont fait le choix d’exposer les vêtements représentant la diversité culturelle du Cameroun. On y dénombre des centaines de clients par allée. La foule grossit au fil du temps. Déjà à 10 h 30, la circulation au sein du marché est quasi impossible.

Depuis le lieu-dit ‘’sapeur-mokolo’’ à Bata-mokolo et à l’intérieur du marché, c’est le bouchon. Des chapeaux de père noël, des jouets, des pagnes, des bouquets de fleurs, des chaussures, … Bref, tout ce qu’il faut pour la fête est disponible. Mais la dominance des pagnes et boubou est remarquable. Avion, train, voiture, revolver, cheval, télévision, radio, appareil photo, artistes Camerounais… Ils sont tous transformés en jouets pour accompagner le père noël dans sa mission d’égayer les enfants……. « Beaucoup d’objets sont transformés en jouets pour permettre aux parents de faire plaisir à leurs enfants pendant Noël », laisse entendre Célestine Abomo, vendeuse de jouets.

Non loin d’elle, c’est le marché des vêtements qui s’anime. Des chaussures, des pagnes, des sacs, de la lingerie fine (des soutiens gorges et même des slips) versés pêle-mêle sur le sol pour donner la possibilité aux moins nantis de se procurer un choix de fête.

« Liquidation, liquidation… 2500 est passé à 1000f ! Ne ratez pas l’occasion », crie à tue-tête une vendeuse assise devant son étalage de chaussures.

Il s’agit des babouches pour dames assorties des couleurs de pagne ou des dessins symbolisant la culture africaine. Selon les explications des vendeuses, ces babouches n’ont jamais été vendues à 2500 FCFA. « Ce sont des nouveautés apportées par les artisans des différentes régions du pays et qu’on valorise en donnant la possibilité à chacun de s’en procurer. Nous les vendons à 1500 Fcfa, pour vite les liquider », confessent-t-elles, sourire aux lèvres.

En cette période impactée par la pandémie du coronavirus, les artisans camerounais se font d’importants bénéfices. Cela permet aux couturiers, tanneurs d’écouler plus facilement leurs produits et de valoriser le made in Cameroon ; des produits qui étaient négligés dans les années antérieures. « Faudrait vraiment que le gouvernement s’investisse dans la production locale et favorise la vente des produits camerounais de Noël à l’international ».

Le Made in Cameroon avance lentement mais surement

Dans les années antérieures, les consommateurs camerounais n’achetaient pas suffisamment les produits locaux et ils avaient une fascination pour ce qui vient de l’étranger. Aujourd’hui, les habitants prennent peu à peu conscience de l’importance de la consommation des produits locaux.

Cette fascination semble avoir eu un changement dans tous les secteurs : l’artisanat, le tourisme, le mobilier ou encore la mode vestimentaire. Pour Toukam Ernestine, qui fait dans l’artisanat textile : 

« Cet intérêt subite pour les produits locaux  s’expliquerait par trois facteurs : “Il y a premièrement la disponibilité, ensuite la mise en valeur, l’attrait et enfin le marketing derrière ces produits-là.”

Pour rendre les produits “Made in Cameroon” compétitifs face aux produits importés, “les entrepreneurs doivent s’assurer de leur accessibilité, du prix, et de la proximité”, note Germain Alex, économiste universitaire.

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