Le document stratégique de croissance et de l’emploi devenu caduc depuis 2019, le gouvernement camerounais s’est doté d’un nouvel outil directeur pour amorcer la décennie 2020-2030 : la stratégie nationale de développement 2030 (SND30). Ce document, qui définit les stratégies pour favoriser un développement inclusif, encadre l’action gouvernementale pour les dix prochaines années. Alors c’est quoi le SND30 ? En quoi consiste-t-il ? Quels en sont les objectifs et les perspectives ? Éléments de réponse dans cet article.

Le Document Stratégique pour la Croissance et l’Emploi, un échec ?

Le DSCE a été adopté en 2009 avec un certain nombre d’ambitions. L’objectif affirmé était de « centrer la stratégie sur la création des richesses » et « s’appuyer sur la création des richesses pour assurer une bonne redistribution des fruits de la croissance ».  La première phase devait aller de 2009 à 2019.

Seulement, à l’heure de faire le bilan, les objectifs assignés n’ont pas été atteints. Par exemple, le pays ambitionnait d’avoir un taux de croissance moyenne de 5%, croissance qui n’a fait que stagner autour de 4 à 4,5%. La deuxième phase, qui devait prendre le relai à partir de 2020 avec pour ambition de faire du Cameroun un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure a débouché ainsi par la mise sur pied de la stratégie nationale de développement 2030 (SND30).

Les raisons évoquées pour justifier l’échec du DSCE ne manquent pas : baisse des cours des matières, insécurité (Boko Haram, crise du NOSO, inflation et accroissement de la population. La SND30 vient donc avec de nouveaux objectifs directeurs.

La stratégie nationale de développement 2030, c’est quoi ?

Le 16 novembre 2020, Alamine Ousmane Mey, le ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) a présenté la stratégie nationale de développement 2020-2030(SND30).

Ce document devient ainsi le cadre de référence de l’action gouvernementale pour la période 2020-2030, en remplacement du DSCE, dont la SND30 vise à corriger les manquements. La SND30 entend ainsi poursuivre les objectifs de développement du Cameroun pour en faire un pays émergent à l’horizon 2030. Ainsi,

« elle articule les engagements internes et internationaux du pays au plan économique, social et environnemental ».

La SND30, entend-on, est le fruit d’un large processus consultatif. On note une implication des populations et des acteurs de développement. De même, la SND30 s’appuie sur les recommandations du Grand dialogue national. Alors, que peut-on attendre de cette stratégie ?

Les attentes du SND30

La SND30 met au cœur de son action le développement inclusif. Le gouvernement compte ainsi sur la participation du secteur privé pour l’appuyer dans son action. L’accent est mis sur le développement des secteurs clés tels que l’agro-industrie, le numérique, l’énergie, l’éducation etc.

L’investissement pour amorcer cette transformation structurelle pourrait ainsi atteindre les 37500 milliards de FCFA. « Le secteur privé national et étranger devra investir plus de 60% des ressources nécessaires à la transformation structurelle visée par la SND30 ». Les autres sources de financement seront complétées par les ressources budgétaires, les partenariats publics-privés etc…

La SND30 vient donc avec beaucoup d’espoir, comme la panoplie des autres instruments du genre. Seulement, les espoirs sont souvent vite douchés, car le pays pèche souvent par l’implémentation de ces « mesures ».

Anne Féconde Noah Biloa, porte-parole du PCRN, qualifie d’ailleurs la SND30 de « scoops économiques du renouveau ». C’est dire que les attentes sont toujours grandes, mais les réalisations ne suivent pas toujours, ou avec peu d’effets visibles.

Pour l’heure, chaque acteur de la chaine de commandement a sa feuille de route. La participation et le dynamisme de chacun sont attendus pour impulser le développement du Cameroun, et mettre le pays sur la voie de l’émergence espérée en 2035. 

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire ici
S'il Vous plait Entrez votre nom ici