Le doute s’il en existait encore, a été levé ce jeudi par KEITH ROCKWELL, porte-parole de l’organisation mondiale du commerce quand elle a confirmé que la nigériane NGOZI-OKONJO IWEALA était bel et bien l’une des deux finalistes pour le prestigieux poste de directeur général.

QUI EST NGOZI-OKONJO IWEALA ?

La nigériane, économiste chevronnée de 66 ans NGOZI-OKONJO IWEALA est l’une des deux dernières finalistes du processus de désignation du prochain patron de l’OMC ; et caresse déjà le rêve de devenir la toute première femme à diriger cette prestigieuse institution. Femme politique, elle voit le jour le 13 juin 1954 à OGWASHI-UKWU dans le delta du Niger, fruit d’une union entre deux professeurs l’un en sociologie et l’autre en économie. Le moins qu’on puisse dire est que le sang du leadership coule dans ses veines puisque ses deux parents sont chefs traditionnels avec rang royal.

couverture magazine pan-eco rentrée scolaire

UN CV EN BÉTON

A l’école, elle fait preuve de courage d’abnégation et de détermination jusqu’à être diplômée de HARVARD et MASSACHUSSETTS INSTITUTE OF TECHNOLOGY deux célèbres universités américaines.

En 1982, la banque mondiale lui ouvre ses portes, quelques temps après elle en devient secrétaire du conseil d’administration. En 2003 elle quitte Washington à la demande du président nigérian OLUSEGUN OBASANJO qui lui propose de prendre les commandes du ministère des finances.

Dès lors elle s’engage résolument dans la lutte contre la corruption en publiant régulièrement les recettes de l’industrie pétrolière ainsi que les sommes versées aux collectivités locales pour que affirme-t-elle, « l’argent du pétrole aille dans les écoles et les hôpitaux  plutôt que dans les poches de quelques-uns ». A l’approche de l’élection présidentielle de 2006, elle se voit proposer le ministère des affaires étrangères mais préfère contre toute attente quitter le gouvernement. Apres son départ du Nigeria, ROBERT ZOELLICK le président de la banque mondiale, la sollicite à nouveau et fait d’elle la directrice générale de l’institution.

 En septembre 2015 elle devient présidente du conseil d’administration de GAVI ALLIANCE une organisation qui favorise l’accès à la vaccination en Afrique. A ce jour, NGONZI-OKONJO IWEALA est coprésidente de la GLOBAL COMMISSION FOR THE ECONOMY AND CLIMATE. On se sera donc pas surpris de voir cette battante au sommet de la prestigieuse OMC et honorer ainsi l’Afrique.

L’AFRIQUE COMME GENDARME DES ÉCHANGES MONDIAUX C’EST FLATTEUR, MAIS POUR QUOI FAIRE CONCRÈTEMENT ?

Il n’a échappé à personne qu’en l’espace de 40 ans seulement c’est à dire depuis pratiquement 1970, la part du continent africain est passée de 4,8% à 2,5% dans le commerce mondial. L’Afrique est donc restée en toute vraisemblance, en marge de la « libéralisation des échanges dans l’intérêt de tous » promise par l’organisation mondiale du commerce.

Pire encore, « l’OMC n’a pas facilité l’entrée de l’Afrique dans le commerce mondial alors qu’il devenait le moteur de l’économie »renchérit l’économiste bissau-guinéen CARLOS LOPES. Un déséquilibre criard que n’a pas pu combler le cycle de négociations de DOHA dit du « développement » engagé au début des années 2000. Il n’est donc pas exclu de voir une Afrique riche de ses 1,2 milliards d’habitants et de ses 54 états être rétablie en quelque sorte dans ses droits, avec une africaine  aux commandes de l’OMC.

L’heure est peut-être venue de remettre au goût du jour les sujets sur les pratiques déloyales barrant l’accès aux pays pauvres aux marchés mondiaux ou encore de connaitre l’épilogue des discussions sur les subventions à l’exportation des produits agricoles. Que dire de l’élimination des aides à la pèche lancée en 2001 ? Bref comme le soulève à juste titre JUNIOR DAVIS, directeur du département Afrique de la conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED):

 « l’ensemble des dispositifs de dumping  directs ou indirects pratiqués par les grandes économies dans le domaine agricole entravent l’accès des produits africains au marchés mondial, en même temps qu’ils rendent difficile l’émergence de marchés domestiques dans ces pays. L’OMC n’a pas remédié à cela et c’est le grand défi qui est devant elle ».

Inutile de préciser alors que si elle venait à en être la représentante, son mandat sera scruté à la loupe.

Affaire à suivre… 

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