Savez-vous que le Cameroun dispose de près de 300 sites miniers jusque-là encore non exploitées ? En effet, il s’agit d’un groupe de métaux utiles à la fabrication de certains objets électroniques. Selon les experts miniers, ce potentiel dont regorge le Cameroun est connu jusqu’ici à hauteur de 40%. De quoi devenir un nouveau terrain pour les investisseurs miniers, au regard des résultats des fouilles menées sur 18.000 échantillons de roches en 2014 et 2019.

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Petite rétrospection

En 2019, l’expert minier et secrétaire d’État au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique, Fuh Calistus Gentry affirmait ceci : « Le cuivre, l’or hors de la région de l’Est, l’uranium, le plomb, le zinc, en particulier les terres rares » sont ce qui constitue le principal gisement minier présent au Cameroun. Il poursuit en précisant qu’« après 5 ans d’études avec l’appui de la Banque Mondiale, on a mis en évidence, plus de 300 nouveaux gisements dans 5 régions. D’ici septembre avant la conférence internationale, on aura d’autres résultats qui peuvent même augmenter ces chiffres de nouvelles découvertes à plus de 500 ».

C’est à croire que le Cameroun est un vaste recueil de richesses minières que l’on gagnerait à mettre à profit pour accroitre de façon significative le cycle de production économique.

Les régions du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Centre, du Nord et de l’Adamaoua sont celles où l’on a relevé présence de ces minerais. Mais ils sont encore plus présents dans la région du soleil levant, l’Est Cameroun. La prospection de ces différents sites miniers était assurée par un groupe de cabinets notamment : la société camerounaise BEIG3, BRGM et le Finlandais GTK. L’opération a nécessité un financement de 34,8 milliards de FCFA, selon le point de presse tenu par le Ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique, Gabriel Dodo Ndoke. Nous étions alors le 11 juin 2019.

Un lieu d’expression de projets géopolitiques et géostratégiques

Si le Cameroun peut se prémunir d’être le centre des richesses minières en zone Cemac, il faut tout de même noter avec l’analyste des risques géopolitiques en Afrique centrale, Joseph Lea Ngoula, que

« la présence de ces minerais et surtout des terres rares place la Cameroun au centre du jeu international. »

Ce qui implique qu’avec ces richesses, le pays fait face à une réalité géopolitique qui ne tourne pas réellement à son avantage. « Cette annonce survient dans un contexte de rivalités commerciales entre la Chine et les États-Unis : les Américains ambitionnent de relancer la production et de renforcer la coopération avec certains états, producteurs de terres rares. » a-t-il ajouté. Et donc cette « rupture » peut se faire en terre camerounaise.

Ce qui n’est pas vraiment à l’avantage des peuples ambiants, puisque rappelons-nous, le principe de base des relations internationales dit qu’il n’y pas d’amis, mais que des intérêts. Il y a un an, le gouvernement camerounais, à cet effet, avait organisé une conférence internationale d’investissement des mines et d’exhibition à Yaoundé. Il venait alors de mettre fin à la première opération de marketing sur ces 300 nouveaux gisements miniers. Eu égard à tout cela, l’intérêt des investisseurs miniers ne peut que s’accentuer.

Et c’est pourquoi Fuh Calistus Gentry poursuit en disant : « l’objectif c’est de faire appel à de très grandes sociétés minières dans le monde pour venir exploiter les données qu’on vient d’avoir de la Banque Mondiale […] cette fois on veut travailler avec les sociétés qui ont une renommée dans les filières concernées et que le Cameroun devienne un chantier minier. »

Au demeurant, rappelons que même si le potentiel minier est à exploiter, l’idéal serait de mettre tous les bénéfices envisagés au profit de l’économie camerounaise, et non de servir de terre d’investissements pour les autres. En un mot, faisons de l’exploitation de ces gisements miniers, quelque chose qui nous rapporte plus qu’aux investisseurs miniers étrangers.

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