Les autorités de WINDHOEK, capitale namibienne, ont annoncé mercredi 02 décembre dernier la mise en vente de 170 pachydermes après avoir procédé à « l’identification d’un besoin de réduire leur nombre ». C’était à travers un encart publicitaire paru dans les colonnes du quotidien gouvernemental NEW ERA

UN TRAFIC LEGAL QUI DEVRAIT PROCURER SINON UNE SATISFACTION, TOUT AU MOINS UN SOULAGEMENT A SES AUTEURS

Les éléphants sont vendus « en raison de la sècheresse et de l’augmentation du nombre d’éléphants associée à des incidences du conflit homme-éléphant », indique le ministère de l’environnement.

En effet, victime d’une extrême sècheresse qui touche le pays depuis plusieurs mois, hommes et animaux se discutent les rares parcelles de terres encore humides. D’aucuns, à la recherche du pâturage et d’autres, pour des besoins agricoles. D’où les chaudes confrontations observées régulièrement entre les deux espèces (animale et humaine) aboutissant à des pertes en vies. Pour mettre fin à ce conflit, la Namibie n’a eu le choix que de procéder à la vente, question de réduire significativement sa faune sauvage.

« Certains pays se sont plaints de ce que la Namibie abattait les éléphants males. A la place, nous avons décidé, après avoir effectué les recherches de les vendre…ce, après l’identification d’un besoin de réduire leur population en raison de la sécheresse et de l’accroissement du nombre d’éléphants, en lien avec les conflits humains-éléphants. En clair, le pays vend ceux qui ont menacé des humains » explique le ministre namibien de l’environnement POHAMBA SHIFETA.

Cette vente est aussi justifiée par un besoin de conservation des espèces et de limitation des pertes animales. Ce d’autant plus qu’un rapport du ministère de l’agriculture datant de 2019 indique clairement que 63 700 animaux avaient péri en 2018 en raison de la sècheresse. La Namibie, pays semi-aride d’Afrique australe est enserrée entre deux déserts. LE NAMIB, considéré par les chercheurs comme le plus vieux du monde, et LE KHALAHARI qui traverse le Botswana voisin.

CE N’EST PAS UNE NOUVEAUTE

Des ventes d’animaux il y en a eu auparavant dans ce pays peu peuplé qui ne compte que 2,4 millions d’habitants pour 845 000 km2.

Déjà en 2019 après avoir déclaré l’état de catastrophe naturelle, le pays avait mis en vente un millier d’animaux d’espèces diverses, dont 600 buffles, 150 springboks, 60 girafes, 65 oryx, 35 élans, 20 impalas, 16 Kudus et 28 éléphants. L’objectif était entre autre de caser le surplus desdites espèces, puis  récolter les fonds environ 1,1 million de dollars, qui puissent permettre de mieux conserver la race animale dans un contexte de sécheresse sévère qui complique les conditions de pâturage.

« Le ministère aimerait vendre différents types d’animaux qui se trouvent dans des zones protégées afin de générer les fonds qui sont nécessaires pour les parcs et la gestion de la vie sauvage. Les conditions de pâturage dans la plupart de nos parcs sont extrêmement mauvaises et si nous ne réduisons pas le nombre d’animaux, cela conduira à la perte d’animaux qui mourront de faim » a déclaré à l’époque, ROMEO MUYUNDA, porte-parole du ministère de l’environnement.

UNE VENTE ENCADREE

Il ne s’agit pas pour les autorités namibiennes de se débarrasser sans aucune autre forme de procès de ces éléphants de ‘’grandes valeurs’’. Elles ont d’ailleurs annoncé que le pays ne comptait pas vendre ces spécimens ‘’de manière inconsidérée’’. « Nous devons être certains que le pays soit propice pour les accueillir » précisent-elles.

Les acheteurs, afin que la transaction ne soit autorisée, devront aussi se rassurer du respect des conditions d’exportation qu’exige la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), souligne l’offre de vente.

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