Ce samedi, 20 février 2021 est célébrée la journée mondiale du pangolin, une espèce en voie de disparition. Prisé pour sa chaire rouge très consommée et ses écailles, souvent utilisées  de manière illégale dans la fabrication des médicaments, le pangolin est un petit mammifère armuré recouvert d’écailles. Il peuplait autrefois les vastes régions d’Asie et d’Afrique.

Le pangolin, la plus grande victime du coronavirus

Depuis la détection des premières personnes touchées par la pandémie de COVID-19, le pangolin a été largement médiatisé. Cet animal est  soupçonné d’avoir transmis le Covid-19 à l’homme, et il est le mammifère le plus trafiqué au monde. Avec le temps, il pourrait être un animal réservoir du SARS-CoV-2 : en le braconnant, le virus serait ainsi passé à l’humain. Il est braconné notamment pour ses écailles très sollicitée en  Asie, particulièrement en Chine, pour leurs supposées propriétés médicinales.

L’ouverture d’un centre de réhabilitation au Cameroun

Dans l’objectif de protéger cette espèce menacée et de garantir sa survie, le Cameroun a ouvert il y’a deux semaines  un centre de réhabilitation. Logé au Parc de la Mefou, ce centre est le tout premier de ce genre dans le pays. Ce site est connu comme sanctuaire de primates. Il est basé sur le modèle de la Fondation Tikki Hywood au Zimbabwe, un modèle en matière de sauvetage et de réhabilitation des pangolins.

« Le centre de réhabilitation a été développé en 2019 pour recevoir des pangolins vivants qui ont été confisqués par les autorités provenant du commerce illégal d’espèces sauvages qui se déroule au Cameroun. Ce centre a été développé à partir d’un besoin dû aux multiples saisies d’écailles de pangolin en provenance du Cameroun »,  a affirmé Angelia Young, fondatrice et directrice de la Cameroon Tikki Hywood Foundation  dans une récente interview au Wildlife Justice.

Les deux espèces de pangolin les plus menacées,  sont en partie le pangolin de Malaisie (Manis javanica) et le pangolin à queue courte (Manis pentadactyla). Elles sont toutes deux classées en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

« Les pangolins fragiles sont amenés au centre et notre personnel formé sur le terrain effectue une évaluation de leur état, puis continue la procédure de rééducation jusqu’à la libération », dit-elle, dans une publication bilingue et thématique de The Last Great Ape Organisation (LAGA). Cette ONG appuie le gouvernement camerounais dans l’application de la loi faunique.

Trafic illicite

Un étude menée par le site stopblablacam a permis de prouver que les saisies d’écailles de pangolins se sont multipliées ces dernières années dans le pays. La dernière date  du mois d’octobre 2020,  où un trafiquant présumé a été arrêté avec 23 kg d’écailles de pangolin à Bertoua, à l’Est. En mars 2019 également, une opération conjointe du ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) et de la police a permis une saisie record de 2,3 tonnes d’écailles de pangolins à Douala. Une cargaison irrégulière qui était estimée à 150 millions FCFCFA.

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En moins de 5 ans, pas moins 20 000 tonnes d’écailles de pangolin ont été saisies au Cameroun, selon “TRAFFIC”, un réseau de surveillance des espèces fauniques et forestières.

Pourtant, la loi camerounaise classe les pangolins dans la classe A, celle des espèces totalement protégées qui ne peuvent « en aucun cas » être abattues. Mais sur le terrain le constat est autre, le pangolin est toujours librement vendu dans les marchés, sa viande est même très appréciée des consommateurs.

Pour sensibiliser le monde au massacre des pangolins, une journée symbolique leur est dédiée, la journée mondiale des pangolins, le 3e samedi de chaque février.

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