Héritage de l’occupation allemande la PAMOL (Pamol plantations) est une entreprise spécialisée dans la production de palmier à huile. Les premières plantations ont été créées par les Allemands en 1900. Ces plantations, principalement l’hévéa, puis le cacao sont cultivées dans les zones de  BWINGA, de BAI et de NDIAN.

Au lendemain de la première guerre mondiale, les britanniques s’arrogent les possessions allemandes. Sous l’égide de l’entreprise anglaise UNILEVER il s’en est suivi un accroissement de la production du palmier à huile, destinée au ravitaillement de l’usine de production de Margarine BLUEBAND. Dès l’indépendance une convention de cession est signée, faisant de PAMOL une entreprise de droit camerounais située dans le Sud-ouest.

L’année où tout à basculé

Cependant, en 1980 la PAMOL connait une crise financière due à une chute des prix de vente d’huile de palme et de la vieillesse des plantations. Par un Contrat-plan Etat/PAMOL, un plan de restructuration est adopté le 12 avril 2012 pour éviter la liquidation de ce poumon économique du département du NDIAN. Spécifiquement, cette convention visait :

 i) la réhabilitation des usines de production d’huile de palme de Lobe et de Ndian datant de 1967 dans le but d’assurer la continuité de l’exploitation dans l’attente de l’acquisition à Lobe Estates d’une nouvelle huilerie d’une capacité de 30 TM/h,

 ii) l’accroissement du rendement des palmeraies, en portant la moyenne de l’époque de 6 – 7 tonnes/ha/an à 13 – 16 tonnes/ ha/an, par l’épandage systématique des engrais,

 iii) l’acquisition des engins de transport pour assurer  le ramassage, l’acheminement et le transport des régimes de noix de palme des plantations de la PAMOL, mais aussi des plantations villageoises vers les usines de transformation,

iv) la promotion du développement, et l’extension de la culture du palmier à huile dans la zone de Bakassi (bassin d’Isangele-Mosongiseli), en y créant une palmeraie pilote de 1.000 ha

 v) l’extension des plantations de la PAMOL par la création de 1.000 ha de palmeraies à Ekondo-Nene

vi) la régénération des plantations de Ngolo-Metoko à Lobe estate.

Cependant, la crise sécuritaire qui sévit dans la Région du Sud-Ouest a eu un impact négatif considérable sur les activités de la PAMOL.

Libellé201620172018
Dettes sociales1 545 797 865          /2 275 940 778
Charges de personnel3 027 494 2973 218 533 6181 947 786 149
Chiffres d’affaires8 188 057 9947 205 909 6281 324 708 851

Durant la période 2017-2018 des attaques d’ouvriers dans les palmerais et le pillage des productions deviennent récurrents. La terreur s’installe le personnel déserte progressivement les plantations. Cette baisse de récolte de noix de palme entraine une diminution de la production d’huile de palme ; ce manque à gagner conduit à une chute du chiffre d’affaire qui a pour corolaire une mise en chômage technique du personnel.

En 2018, le chiffre d’affaires s’est effondré et est passé de 7 205 909 628 FCFA en 2017  à 1 324 708 851 FCFA, soit une baisse de plus de 80%. Par ailleurs les dettes sociales de l’entreprise croissent pendant que les charges de personnel décroissent. Au 31 décembre 2018 l’effectif du personnel est de 1946 personnes. Il était de  2403 personnes en 2017 et de 2377employés en 2016. Cette décroissance due aux licenciements et mises en chômage technique des ouvriers entraine une baisse du pouvoir d’achat des ménages vivant du travail dans les palmerais.

L’exportation, la voie salvatrice pour la PAMOL Plantations ?

Au plan commercial, l’autorisation spéciale d’exporter une partie de sa production pourrait contribuer à maintenir une trésorerie suffisante. En effet, les prix appliqués à l’export (FCFA 500/kg) sont supérieurs à ceux fixés pour les ventes locales fixés à 450 FCFA/KG Hors Taxes (alors que le prix de revient est de FCFA 540/kg.). Cependant, les exportations d’huile de palme brut sont interdites au Cameroun en raison du déficit de la production.

Sur le marché national, la PAMOL a deux principaux clients (MAYA et AZUR) qui absorbent entre 80 et 85 % de sa production d’huile de palme. Les 20 % restants de sa production sont mis à la consommation des ménages.

Avec la mise en œuvre du Contrat – plan Etat/PAMOL, il est envisagé un accroissement de la production annuelle d’huile de palme de 15 000 tonnes à 28 000 tonnes d’ici 2022, grâce notamment à la régénération des plantations et à l’acquisition d’une nouvelle huilerie. Malheureusement, ce projet demeure émaillé par les exactions des groupes armées dans le Sud-ouest.

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