Qu’elle soit rouge pour l’amour passionné, blanche pour l’amour courtois, ou encore jaune pour une amitié simple, la rose est la chose la mieux partagée le jour de la saint valentin. Autrement dit la fête des amoureux célébrée en même temps en Europe, en Amérique du nord qu’en Afrique, est aussi celle de la transmission florale. Mais saviez-vous qu’un acheteur de fleurs où qu’il se trouve dans le monde a une chance sur deux d’avoir entre les mains une rose “made in Africa’’ ?

Ce qu’il faut savoir

Le marché international des fleurs coupées est contrôlé principalement par les Pays-Bas, la Colombie, l’équateur et le Kenya. Ce dernier est le premier partenaire de la zone union européenne en la matière, dont il ravitaille à hauteur de 40%.

L’industrie horticole kenyane emploie aux bas mots, 250 000 personnes et l’on estime à plus de 2 000 000, le nombre de kenyans qui vivent de cette manne faisant de cette activité la deuxième principale source de revenus du pays derrière le thé.

Pour le cas spécifique de la rose, le Kenya est numériquement classé troisième derrière la chine et l’inde avec ses 2 900 hectares. Or, les deux premiers sont quasiment non exportateurs et ne ravitaillent que les marchés nationaux.

Le Kenya devient par effet de conséquence le plus grand pays exportateur de roses de la planète.

Chaque année le Kenya exporte en moyenne vers l’Europe, 88 millions de tonnes de fleurs. En 2007, il a gagné avec ce commerce environ 675 millions de dollars soit un pourcentage des exportations horticoles de l’ordre de 45%. Une excroissance qui frise l’étonnement pour peu qu’on se souvienne que l’activité florale au pays date seulement de 1972.

Son secret

Si le Kenya est à ce jour considéré par plus d’un comme une terre de roses, c’est essentiellement grâce à la nature dont il doit tout. Il bénéficie comme la plupart des pays du sud, des conditions naturelles idéales : ‘’luminosité parfaite avec un soleil qui brille en moyenne 12h par jour pendant toute l’année’’ bref ‘’un climat qui rend inutile l’usage des serres’’ (peresblancs.org). L’on dit de la rose kenyane qu’elle est de petite taille, légère, résistante au transport avec bonne durée de vie en vase.

Un rescapé des pressions médiatiques

Le pays a dû faire face aux pressions des médias internationaux  afin de maintenir  la bonne santé de son industrie florale. En effet, l’on a d’abord évoqué l’assèchement du lac Naivasha, grand bassin de production qui abrite les principales serres et deuxième réserve d’eau douce du pays.

Dans une étude publiée en 2010, l’Unesco a estimé que la baisse du niveau du lac avait coïncidé avec le début des cultures horticoles dans la région. Remarques confirmées par les recherches des universités allemande(Bonn) et hollandaise(Twente). Ce à quoi se sont ajoutés les conditions de travail infernales, les salaires abominables, et l’usage intensif des pesticides.

Face à la critique, l’Etat a été obligé de revoir sa copie afin de redorer le blason de cette filière qui contribue à hauteur de 2% au PIB. Pour ce faire, il a fallu passer par des labels et certifications, sorte de présomption d’une bonne qualité des produits.

« Les certifications et labels permettent de créer une relation de confiance entre producteurs et acheteurs, mais ils vont même au-delà, puisqu’ils ont permis d’améliorer les méthodes de production, les produits, d’ouvrir de nouveaux marchés aux producteurs, d’améliorer la qualité de travail et de vie des ouvriers et de leurs familles et de diminuer les impacts négatifs sur l’environnement » (hypotheses.org).

Dès lors, le pays compte une pluralité de signes de qualités parmi lesquels :

-Milieu programma sierteelt(MPS) ; environnemental project with floriculture ; fairtrade ; tous portés par le secteur privé.

-le Kenya flower Council (KFC), l’unique certification délivrée par les experts kenyans.

« Ces dispositifs traitent essentiellement des questions environnementales et sociales, encadrant les méthodes de production (par exemple : restriction de l’usage des produits phytosanitaires) ou les conditions de travail (par exemple : le port d’une tenue spécifique par les travailleurs pour les protéger du traitement qu’ils dispensent aux plants).

Les pics de commandes

Le secteur fait l’essentiel de son chiffre d’affaire annuel pendant les fêtes calendaires bien précises(les fêtes de fin d’année, la fête des mères, la journée internationale de la femme, la rentrée scolaire en Russie et bien évidemment la fête des amoureux).

Somme toute, la très lucrative activité des roses au Kenya est à tous les égards sur les rails et rien ne semble la perturber pour l’heure. Seulement il est une menace permanente à prendre au sérieux, celle de la concurrence du voisin du nord (l’Ethiopie). Où mis à part les conditions de travail encore très dures apparemment, l’on parle de techniques culturales plus élaborées (aération et arrosage automatisés…). La menace est telle, que classé pays en développement moins avancé, il accède à ce titre au marché européen sans droit de douane.

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