Le peuple ghanéen a été appelé aux urnes ce lundi 7 décembre 2020.C’est dans le cadre de l’élection non seulement des députés de la nation, mais également celle du prochain président de la république. Une chaude confrontation qui met aux prises le président sortant NANA AKUFO-ADO du New Patriotic Party (NPP) et JOHN MAHAMA du National Democratic Congress (NDC), ex-président du Ghana.

LE POIDS DES FORCES EN PRESENCE

Non loin d’un jeu de chaises musicales, le choc de titans qui s’est tenu ce lundi sur toute l’étendue du territoire ghanéen devra à terme sauf surprise, porter en triomphe un ancien président de la république.

A 76 ans, Nana Akufo-Ado est candidat à sa propre succession. Le président du NPP est ainsi en compétition pour un second et dernier mandat de quatre ans. C’est en effet l’instant de vérité pour lui, objet de vives critiques sur une présumée affaire de ‘’pots de vin’’ depuis quelques jours. Les images qui ont fait le tour de la toile, montrent ce dernier recevant de l’argent dans une enveloppe.

Le journal SALIS, qui en a fait la publication affirme au détour d’une enquête que l’enveloppe remise à Nana Akufo par les deux visiteurs sur la vidéo viserait à étouffer une affaire de corruption dans laquelle est engluée le directeur du département des routes urbaines. Cette affaire, d’après l’opposant JOHN DRAMANI montre ‘’le décalage entre la réalité et la prétendue image de Chevallier blanc de la lutte anti-corruption que Nana Akufo-Ado a voulu se forger’’.

Néanmoins, les proches du président crient au ‘’fake news’’, rappelant que les faits remontent à 2016, et que l’argent dont il est question n’était qu’un don. Une autre histoire qui vient s’ajouter à celle de la démission du procureur spécial anti-corruption ayant d’ailleurs accusé par la même occasion le président d’obstruction. Des révélations de nature à réconforter les ghanéens dans leur croyance qui, d’après une enquête d’afrobaromètre réalisée en 2019 estiment à près de 53%, que le niveau de corruption a augmenté dans le pays.

Mais malgré tout, Nana Ado et son colistier Mahamudu Bawumia ont un argument d’autorité à faire valoir, celui de ‘’la gratuité de la senior high school’’ l’équivalent du lycée au Ghana. Promesse de campagne du président Ado, elle est effective depuis septembre 2017. La SHS a ainsi permis à 430 milles jeunes élèves  d’intégrer gratuitement le cycle secondaire contre 308 milles seulement en 2016.

SON PRINCIPAL CONCURRENT

Ce n’est non plus un enfant de cœur dans le camp d’en-face. A 62 ans révolus, JOHN MAHAMA, présenté comme le leader de l’opposition ghanéenne veut signer son comeback après une réélection manquée en 2016. Crédité d’une gestion économique catastrophique auparavant, John Mahama peut compter pour faire la différence, sur sa colistière JANE NAANA OPOKU-AGYEMANG, ancienne ministre de l’éducation réputée intègre issue de la région du centre, l’un des bastions électoraux les plus importants du pays.

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En plus des deux cadors de la politique ghanéenne ci-dessus énuméré, les électeurs auront le choix entre 11 autres candidats parmi lesquels 03 femmes. Le fauteuil reviendra à celui ou à celle qui suscitera alors le plus de sympathie auprès des 17 millions d’électeurs, dont plus de la moitié a moins de 35 ans.

ENJEUX D’UNE ELECTION AU PARFUM DU ‘’déjà-vu’’

Apres que les mêmes têtes se sont affrontées en 2012 et 2016, les électeurs ghanéens ont l’impression de vivre une rediffusion. Néanmoins ils espèrent un réel changement de la part du prochain nouvel homme fort d’Accra.

Sur le plan éducatif par exemple, bien que l’école soit gratuite, de sérieux problèmes d’ordre pour la plupart structurels sont à souligner. A en croire MDEEZ ADAMU-ISSA, spécialiste de l’éducation à l’Unicef « même si l’école est gratuite elle engendre les frais. L’enfant doit parfois déménager plus près de l’école ; ce que beaucoup de familles ne peuvent pas se permettre ». Par ailleurs, ajoute-t-elle « certains pensent encore qu’il vaut mieux que leurs enfant apprennent directement un métier pour gagner de l’argent le plus vite possible ».

Le chômage aussi reste un épineux problème au Ghana. Ceci, malgré la forte croissance observée depuis les années 2000 grâce notamment au cacao et au pétrole. Depuis lors certes le taux d’extrême pauvreté a été divisé par deux, mais certaines régions régions (au nord) déplorent toujours un accès limité à l’eau potable et à l’électricité. Une santé économique déjà pas bonne, désormais aggravée par la pandémie du corona virus. Le fond monétaire international annonce une chute drastique de la croissance à 0,9%, le taux le plus bas depuis 30ans.

Toutefois, les principaux protagonistes n’ont pas manqué de signer vendredi dernier, un ‘’pacte de paix’’. Sorte d’engagement solennel à respecter le verdict des urnes. Contrairement à ses voisins ouest-africains, le Ghana n’est pas réputé être un terrain propice à l’expression de violences post-électorales.

Nous y reviendrons…

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