Alors que l’ère du Made in Cameroon est encore dans sa phase d’évolution, de nombreux jeunes entrepreneurs camerounais pourraient propulser cette phase évolutive vers une phase encore plus grandiose compte-tenu de leur déploiement patriotique.

Ce jour en effet, nous sommes allés à la rencontre d’une lionne qui a décidé de servir son pays via la production des maillots de bain Made in Cameroon. Son nom: Cinthia Minkoumou. Dans cette interview elle se confie sur sa passion, ses ambitions, ses défis et autres:

Bonjour Madame c’est un immense plaisir de vous recevoir en tant qu’invitée sur Pan-Eco Média.

Bonjour Mme Bao, le plaisir est complètement partagé, merci à vous plutôt de me recevoir sur Pan-Eco Média .

Vous êtes arrivée à conquérir la scène nationale et même internationale grâce aux maillots de bain Made in Cameroon qui font sensations en ce moment. Alors, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous présenter une petite biographie de vous bien détaillée ?

Moi c’est Mlle Cinthia Minkoumou , jeune camerounaise, petite dernière d’une fratrie de 4 filles. Après mon baccalauréat D, J’ai fais un cursus en réseaux et télécommunications, qui est très opposé à mon secteur d’activité dans lequel je chemine actuellement. Mais faut dire que mon côté entrepreneur que j’ai nourri depuis le bas âge ( grâce à ma mère et à la rigoureuse éducation de mon tuteur ) a eu raison de moi.

Lorsqu’on entend que vos créations sont Made in Cameroon, doit-on comprendre par là que le processus de création, les motifs, les tissus, la main d’œuvre sont uniquement Made in Cameroon? Ou alors, il y a un rôle précis que le “Made in Cameroon” joue dans ce processus…

Le processus est totalement MIC ( Made in cameroon) que ce soit dans l’achat des matières premières , des locaux de production, de la main d’œuvre, bref tout ce qui concourent au produit fini qu’on présente sur le marché est essentiellement issus du terroir, j’y ai mis un point d’honneur à ce que ce soit ainsi.

Les tissus peuvent provenir d’autres cieux , mais sont achetés chez nos commerçants locaux ici dans le soucis d’apporter notre humble contribution à la santé économique de notre pays.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous lancer dans ce secteur?

C’est très simple, c’est le manque criard de maillots de bain au pays, après étude du marché, je me suis rendue compte qu’à part de la friperie nous n’avons pas de producteurs de bikinis au pays, ni même dans certains pays de l’Afrique… c’est de là que me vient l’idée d’en créer mais le but premier c’était d’en créer un qu’on ne trouvera pas dans tous les coins de rues, un bikini authentique, frais, différent de ce que le marché international nous offre habituellement, répondant à toutes les normes physiques sans exception aucune… et le tissu pagne était la plus value par excellence pour ce projet, car on a imaginé le pagne sous toutes ses formes mais pas sur celle ci… je me suis donc dis pourquoi pas? Et puis je me suis lancée…

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Quelles sont les grandes difficultés que vous rencontrez au quotidien ?

La difficulté première c’était déjà de faire rentrer dans l’esprit de nos frères et sœurs l’achat et le port des bikinis MIC, dans une matière autre que celles qu’ils connaissaient tous. Mais à ce jour je peux dire qu’à chaque lever du soleil, il y’a plus ou moins une personne en plus qui adhère au concept , et je suis agréablement surprise de l’accueil qu’ils ont fait à cette marque et mon équipe et moi les remercions encore.


Aussi, le phénomène de plagiat. Se faire copier les modèles et autres par des individus mal intentionnés. Mais je ne saurai plus m’en plaindre car Cy@r depuis quelques longs mois est une marque déposée et protégée par L’OAPI ( Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle) ce qui m’octroie une protection sur l’étendue de 17 pays africains.


J’épinglerai également les combats financiers comme tout jeune entrepreneur débutant, également la main d’œuvre restreinte face à une demande assez forte ce qui fragilise les délais de livraison … mais comme je disais, on s’y attèle au maximum afin de régler ces manquements au plus vite.

Êtes-vous de celles-là qui pensent que les produits locaux notamment ceux de chez nous ont une place sur la scène internationale ?

Bien sûr que je le pense, il y’a de la matière grise à profusion au Cameroun, des jeunes déterminés avec des projets bien pensés qui ont le potentiel nécessaire pour attaquer et conquérir le marché international. C’est juste les stratégies de fonctionnement qu’il faudrait remettre à neuf, prendre des risques en gros se donner les moyens d’y arriver.

Y a-t-il des acteurs importants qui vous accompagnent au quotidien ? Ou alors vous vous en sortez toute seule?

Au départ j’étais toute seule, il fallait que je convainc ( ce qui est légitime ) ces acteurs d’aujourd’hui de m’apporter leur soutien. Chose faite, Ils sont très peu et désirent rester dans l’anonymat mais si aujourd’hui je parviens à braver et à supporter mon train-train quotidien avec toutes les difficultés qui vont avec c’est en grande partie par leurs conseils, directives, et main tendue. C’était dur au début, c’est tout autant difficile cependant, mais avec eux j’arrive à surmonter facilement les échelons de ce périple entrepreneurial. Donc merci à vous à mes mentors.


Parallèlement, je souhaite ajouté que les réels acteurs importants au quotidien sont nos clients et nos potentiels clients car ce sont eux qui font le film, ce sont eux qui permettent sa réalisation et sa production, et aujourd’hui Cy@r devient un peu ce qu’il est grâce à leur intérêt à la marque. Donc infiniment merci à eux.

  • Vos ambitions futures?

Ma seule ambition actuellement c’est de gagner le marché international et de faire du Cameroun, un pays producteur de bikinis à travers le monde.

Envisagez-vous adopter une stratégie de différenciation plus tard pour vous faire un nom dans plusieurs secteurs ?

Actuellement je suis focus sur une seule finalité, les stratégies de différenciation sont déjà en place et s’exécuteront d’ici quelques mois. Au travers de ça , je verrai les retombés et c’est en fonction de ces retombées là que je verrai dans quelles mesures immerger d’autres secteurs. Mais d’ici à là, je préfère être la chasseuse d’un lièvre.

En tant que femme entrepreneure, quels conseils pouvez-vous donner particulièrement à ces jeunes filles qui n’ont plus du tout de repères ?

Le repère c’est la foi, le repère c’est la confiance. Quand on naît, on naît seul, face à nos problèmes et nos solutions. Je dirai à mes sœurs, de nourir et d’éduquer leur foi en elles, afin qu’elle ne soit jamais ébranlée, car j’estime qu’une femme ou jeune femme qui sait ce qu’elle veut, se donne les moyens louables d’arriver à leurs fins, elles finissent par obtenir gain de cause. N’ayez pas peur de l’échec et de l’éternel recommencement, car c’est la route vers la perfection. Accrochez vous en vos rêves, n’ayez aucune honte à faire les petits métiers qui vous aideront au préfinancement de vos projets d’avenir. Et par dessus tout entourez vous des meilleurs, car l’environnement peut autant polluer que assainir votre avenir. Pour finir mettez Dieu au centre de tout.

Merci Madame. Ce fut un réel plaisir de vous recevoir ce jour sur Pan-Eco Média. Nous espérons vous revoir à d’autres occasions toutes aussi chaleureuses ! À bientôt

Plaisir partagé. Merci à vous de m’avoir donnée l’honneur de m’exprimer sur Pan-Eco Media. Dans la même lancée je vous souhaite bon vent et bien de choses à vous.

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