Doctorante de l’Université de Douala au Cameroun, Agnès Antoinette Ntoumba ne cesse de faire parler d’elle dans les journaux. La jeune femme âgée de 42 ans, représente aujourd’hui une des plus grandes figures camerounaises dans le domaine des sciences biologiques.

Une innovation

Si on parle aujourd’hui de bio-insecticide made in Cameroon, c’est grâce à cette chercheuse camerounaise qui a investi beaucoup de temps et d’énergie en allant à la quête d’une formule révolutionnaire qui permettrait de lutter efficacement contre le paludisme. Pour cela, au bout de ses recherches elle est parvenue à obtenir un insecticide en combinant la nanotechnologie au pouvoir des plantes comme le goyavier, la citronnelle, le citronnier et le moringa.

« Les plantes sont déjà utilisées dans le développement d’insecticides. Mais notre apport c’est l’utilisation des nanoparticules, désormais répandues dans tout le monde de la science. Les métabolismes secondaires présents dans la plante, associés aux nitrates d’argent, vont donner des nanoparticules d’argent, qui vont optimiser l’efficacité de la formule insecticide destinée à éradiquer les larves de moustiques » Affirme t-elle.

C’est suite à une analyse rigoureuse et méticuleuse des méfaits des insecticides chimiques que la jeune spécialiste en Biologie et Physiologie des organismes animaux, a poussé ses recherches plus loin. Ce qui va favorablement la mener sur les traces du bio-insecticide. Selon cette spécialiste en parasitologie et entomologie, l’usage de ce produit n’est pas destiné aux maisons d’habitations, mais plutôt aux alentours de celles-ci. Plus précisément dans les flaques d’eau qui sont les foyers de multiplications des moustiques. A ce sujet, elle précise que :

« Nous sommes en train de démontrer que ces nanoparticules de plantes sélectionnées, utilisées dans les gîtes larvaires des moustiques, aux abords des maisons, n’agissent pas contre les organismes non ciblés, têtards par exemple. Préserver l’environnement et les écosystèmes est capital. »



Encouragée par l’Unesco

En 2020, cette jeune femme dynamique a été classée par l’Unesco et la fondation l’Oréal parmi les 20 jeunes femmes scientifiques africaines. A cet effet, elle a reçu une bourse de 10 000 euros, qui lui permettra d’acquérir des fournitures et du matériel informatique pour ses recherches.

Et ce n’est pas tout, même le Programme National de Lutte Contre le Paludisme y voit en cette invention, une énorme “arme de destruction” des moustiques qui ont longtemps été à l’origine de la mort d’un nombre élevé d’habitants en Afrique particulièrement.

Rappelons qu’en Novembre 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publiait un autre rapport concernant le paludisme dans le monde. Et de ce dernier, il en ressortait qu’en 2019, on estimait à 229 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde. Le nombre de décès s’élevait à 409 000 personnes. Dans la même lancée, force a été de constater que les enfants de moins de 05 ans étaient considérés comme les plus vulnérables et aussi, l’Afrique Subsaharienne se présentait comme la zone la plus touchée à côté de l’Inde.

Perspectives

Plusieurs tests ont déjà été effectués avec la formule que propose Agnès Ntoumba, et les résultats ont été très positifs. Maintenant il faut penser à la phase de fabrication des bio-insecticides proprement dits.

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Pour cela, il lui faudra des moyens plus importants, du matériel et des ressources pour revoir les concentrations et faire des essais à grande échelle. Son objectif serait de parvenir à l’obtention d’une capsule, type comprimé effervescent, à dissoudre dans les marres d’eau qui remplissent les rues de nos quartiers.

Mais de là à lancer sa propre industrie pour commercialiser ses découvertes, Agnès Ntoumba ne sent pas prête à franchir le pas.

« C’est dans un labo et sur le terrain, en faisant de la recherche, que je me sens bien. Mon seul regret , c’est que la recherche ne soit pas valorisée dans mon pays, le Cameroun, et que les laboratoires ne soient pas équipés. Je n’ai pas besoin d’aller en Europe pour faire de la recherche. C’est ici que les choses doivent avancer. » Affirme t-elle.

Il est clair qu’avec son invention du bio-insecticide, cette camerounaise réussira d’ici quelques temps à s’imposer non plus comme une figure scientifique mais plutôt comme une icône planétaire dans le monde des Sciences et Découvertes.

De plus en plus, l’Afrique ne cesse de démontrer son gigantesque potentiel et réussit à toucher et manipuler avec tact les véritables secteurs porteurs, s’alignant sans cesse avec la digitalisation dans ce monde qui, de secondes en secondes évolue et change radicalement.

C’est une nouvelle fierté pour le Cameroun en particulier et pour toute l’Afrique en général. Notre Afrique qu’on adore, celle-là qui nous fait rêver et qui regorge des talents aussi exceptionnels à côté de la jeune Agnès Antoinette Ntoumba.



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