Le voilà bientôt derrière les barreaux, l’auteur du discours incendiaire de Dakar qui déplorait le fait que l’Africain ne soit pas ‘‘assez entré dans l’histoire’’.

Nicolas Sarkozy, le père de l’immigration choisie, est ce ‘‘justicier Zoro’’ qui libéra ses concitoyens des fourches de la justice Tchadienne, dans la scabreuse affaire de l’arche de Zoé. Le même homme politique avait été cité parmi les commanditaires de l’assassinat de Mouamar Kadhafi, se moquant une fois de trop de l’Afrique. Il n’avait pas appris du proverbe africain qui demande “Que celui qui n’a pas encore traversé la rivière ne se moque pas de celui qui s’est noyé’’ 

L’Arche de Zoé ou la justice des ‘‘Grands’’

Pour comprendre ce qui arrive à Nicholas Sarkozy aujourd’hui, il nous faut passer par des constructions de la Pensée Globale afin de faire jaillir la vérité. C’est-à-dire voir le problème dans son ensemble et aller chercher des faits qui n’ont, à première vue, aucun rapport avec le sujet traité, mais qui à la conclusion vont compléter les parties manquantes du puzzle.

Nous sommes en 2007, alors qu’il vient d’être élu président de la république, un dossier brulant git déjà sur la table de Nicholas Sarkozy : Il s’agit de l’affaire Arche de Zoé.

C’est une actualité qui alimente les débats en ce mois d’octobre 2007. Elle dévoile une tentative d’exfiltration de près de 103 enfants tchadiens vers la France. Le projet est celui d’une association française dénommée Arche de Zoé qui, pour dissimuler sa forfaiture, avait tenté de faire passer ces nombreux enfants pour des orphelins du Darfour en quête de familles d’accueil.   

Fondée en 2004, aux lendemains du tsunami en Asie du Sud-Est, l’association Arche de Zoé s’était donné pour mission d’évacuer les enfants orphelins du Darfour et leur redonner une possibilité de réinsertion. Elle ne manqua pas de jouer sur la sensibilité et l’émotion en arguant que la situation de ces enfants était des plus préoccupantes et, par conséquent, méritait l’attention de tous.

« Si vous ne faites rien, ces enfants vont mourir » disaient-ils alors.

Bientôt, cette campagne de séduction porte des fruits : des dons de toute nature sont recueillis auprès de nombreuses familles belges et françaises qui manifestent aussi leur ambition d’adopter ces âmes en peine. L’association tourne alors en plein régime. Elle fait des affaires et gagne la confiance de plusieurs partenaires sauf le gouvernement français qui, à travers le Ministère des affaires étrangères, rappelle que le Tchad et le Soudan interdisent l’adoption.

Le pot aux roses

La réputation de l’association Arche de Zoé traverse les frontières et attirent de plus en plus de membres qui s’installent au Tchad sous le couvert de l’ONG « Children Rescue ». L’armée française installée dans le pays d’Idriss Deby, leur offre d’ailleurs la logistique nécessaire sans se douter un seul instant de la duplicité.

25 octobre 2007. Le monde est ébranlé par une nouvelle ahurissante :

17 citoyens européens dont 9 français sont stoppés net à Abéché, à l’Est du Tchad. Ils s’apprêtaient à faire embarquer vers la France, 103 enfants bardés de pansements et autres artifices, pour faire croire à l’indigence. Le Boieng 757 affrété à cet effet, devait atterrir à l’aéroport de Vatry.

Deux principaux chefs d’accusation pèsent sur les mis en cause : « enlèvement des mineurs » et « escroquerie ». Les portes de la prison de N’Djamena se referment derrière eux, en attendant l’ouverture du procès.

‘‘J’irai chercher ceux qui restent… quoi qu’ils aient fait’’   

Pendant que la quasi-totalité de l’establishment français, à l’exemple de Rama Yade la Secrétaire d’État aux droits de l’homme condamne cette opération jugée « illégale et irresponsable », le président de la République, Nicolas Sarkozy, se bombe le torse en se fendant en déclarations arrogantes.

” J’irai chercher ceux qui restent, crie-t-il à qui veut l’entendre, quoi qu’ils aient fait’’.

Quelle expression de mépris, de désobligeance et d’irrévérence !  L’opinion française et africaine s’insurgent contre cette attitude provocatrice. Elles manifestent, revendiquent et donnent de la voix. Mais sa ‘‘Majesté’’ Nicolas, détenteur du droit de vie ou de mort sur les Tchadiens, assume son outrecuidance. Finalement, il obtient le rapatriement de ses concitoyens qui seront incarcérés en France. Victoire du monarque !

Immigration choisie ou dépeuplement des talents africains

La politique d’immigration choisie vise à durcir les conditions d’entrée dans l’espace territorial français. Annoncée par le Premier Ministre français Dominique de Villepin le 08 juin 2005, elle est mise en œuvre par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur, en 2006.

La loi sur l’immigration et l’intégration renforce le contrôle des mariages mixtes, conditionne l’obtention d’une carte de séjour ‘‘salarié’’ à l’existence d’un contrat de travail. Pour attirer les talents et l’élite intellectuelle, « la France propose une carte de séjour ‘‘compétence et talent’’ destinée à attirer les immigrés qualifiés dont ‘‘le talent constitue un atout pour le développement et le rayonnement de la France’’ », déclare Mustapha Harzoune.

Dans cet élan restrictif de la politique d’immigration, le ministre de l’intérieur français contribue à l’accumulation d’une plus grande frustration des populations demandeuses et à l’augmentation du nombre de clandestins. Dans l’opinion africaine, cette politique sonne comme une hospitalité discriminatoire, d’autant plus que, selon un proverbe marocain, « passer la nuit au froid vaut mieux que d’accepter l’hospitalité d’un coquin ». 

Mouamar Kadhafi, un ‘‘sponsor’’ devenu trop encombrant

Les rumeurs sur le financement de la campagne politique de Nicolas Sarkozy par le guide libyen ont fini par s’imposer comme une réalité.  D’ailleurs, les nombreux dénis de l’accusé contribueront plutôt à son enlisement, comme dans un sable mouvant.

En avril 2012, le site d’investigation français Mediapart publie une note considérée comme un document officiel qui atteste d’un accord de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, à hauteur de 50 millions d’euro.

Les rapports conflictuels et incestueux qu’aura entretenu Sarkozy vis-à-vis du continent africain montrent clairement que cet acteur politique français autoproclamé donneur de leçons, n’a rien appris du célèbre proverbe africain « Ne déprécie pas la tortue à cause de son humilité, il se peut qu’elle te guide demain ».

Par Oleme Salla Stève

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