Aujourd’hui, tout est question d’image. L’Occident l’a compris, l’Asie l’a compris, l’Afrique va-t-elle également le comprendre ? Le cinéma est la vitrine par excellence de tout pays. La plupart des idées que l’on se fait des États-Unis d’Amérique émanent de leur production cinématographique dont Hollywood est le symbole. La plupart des idées que le monde se fait de l’Inde provient de sa production cinématographique dont  Bollywood est le symbole.

Cependant en dépit du fait que le Nollywood nigérian soit une industrie à part entière, elle ne véhicule pas des idées qui donnent à respecter les nigérians et par extension les noirs. Pourquoi le cinéma nigérian ou ghanéen qui est ce qui se fait de mieux en termes de productivité sur le continent constitue un paradoxe?

Hollywood, le sanctuaire du rêve américain

La première maison de production cinématographique au monde a compris depuis fort longtemps la dimension propagandiste du cinéma. Et dans la panoplie des productions de films vantant les mérites du patriotisme américain, des films comme les rois du désert, Rambo etc… font partir du lot de films à visée de propagande.

Quand on parle de l’Amérique dans l’imagerie populaire, on voit les plages Californiennes, les cowboys, Miami, les belles voitures, la technologie de pointe. C’est à la faveur des réseaux sociaux et des crimes racistes que le monde a pu découvrir l’envers du décor, mais jusqu’ici l’image de l’Amérique n’en souffre pas puisque le lavage de cerveau médiatique a fonctionné à merveille.

Le Bollywood Indien

Les films indiens sont consommés en Afrique comme des bouts de pain. Et pourtant avec un peu de recul, on s’aperçoit que dans leurs films, jamais un noir n’a de rôle fondamental alors que l’Inde compte une portion de sa population qui est noire. Outre ce fait scandaleux, le cinéma indien a le mérite de mettre en avant les valeurs de l’Inde, hindouisme, l’amour, la beauté, la tradition, la richesse etc…,

Ce qui participe à forger dans l’imaginaire collectif, une image de carte postale de l’Inde alors que la réalité est que ce pays connait de nombreuses tares (xénophobie, racisme, taux de viols élevé). Mais, jusqu’ici cela ne semble pas écorcher leur image car le cinéma a façonné l’imagerie populaire.

Nollywood, Ghannywood le paradoxe africain

L’essor du cinéma africain est à féliciter car aujourd’hui après Hollywood, le Nollywood nigérian vient en deuxième en termes de films produits par an. Mais, un paradoxe entoure les scénarios de ces films. Le plus souvent, le mal est incarné par un personnage qui a une croyance ancestrale plutôt que catholique et à la fin, c’est le pasteur qui vient délivrer les noirs du mal.

C’est un fait à priori anodin mais qui participe à forger dans l’imagerie populaire, un faux concept de soi en donnant le sentiment d’infériorité à la masse dénuée d’esprit critique. Et bien souvent les personnages féminins sont représentés avec des perruques, preuves de la non acceptation de soi. Pourquoi produire des films qui ne mettent pas assez en avant la culture africaine ?

 Il est plus que jamais temps pour l’Afrique d’exploiter son potentiel cinématographique dans le but de corriger son image dans la conscience populaire dans le monde. L’Afrique est un continent plein d’avenir, et qui a de belles choses à montrer au monde. L’industrie cinématographique africaine gagnerait plus à valoriser l’Afrique dans tous les sens du terme pour améliorer son image.

2 COMMENTAIRES

  1. […] L’industrie du cinéma au Cameroun en particulier et de l’Afrique en générale, constitue une véritable mine d’or en matière de création d’emplois, mais très souvent l’intérêt est plus porter sur l’art et l’aspect créatif tout en négligeant le pan économique du secteur.  Certains pays africains, notamment le Nigéria, ont compris la nécessité d’explorer pareil secte… […]

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