Au commencement, il y avait deux opposants retenus par le Conseil constitutionnel. Et puis vint Kouadio Konan Bertin, dit KKB. Convaincu que la reconstruction de la Côte d’Ivoire passera inévitablement par son union, KKB, récemment investi, ne manque pas de surfer sur l’échec politique du récent mandat de son principal adversaire, Alassane Drahmane Ouattara. Mais qui est Kouadio Konan Bertin ?

L’inamovible ou mieux, l’indéboulonnable !

Après s’être départi du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’homme politique de 52 ans compte bien se lancer à la présidentielle du 31 Octobre prochain. Pour la petite histoire, l’ex-Député de Port-Bouët et dissident de son ancien parti, s’était attiré profondément les ennuis du non moins célèbre Henri Konan Bédié lorsqu’il présentait sa candidature pour la toute la première fois : nous sommes en 2015.

Et l’effet semble se répéter en 2020 ; surtout que le candidat indépendant KKB n’avait pas rejoint, le 1er Octobre dernier, l’appel à la « désobéissance civile » initialement lancé par l’opposition entière. Kouadio Konan Bertin était alors suspecté d’être d’une complicité inouïe avec son ancien parti, affirmation qu’il a formellement démentie.

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Son combat politique consiste à faire front non seulement à Henri Konan Bédié et ses successeurs, mais également à l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo et bien évidemment l’actuel Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara. Pour lui, toutes ces personnalités politiques sont responsables de la crise quasi-atemporelle qui sévit en Côte d’Ivoire.

Le quinquagénaire entend résolument les « mettre à la retraite » et injecter un « renouveau générationnel » a-t-il souligné le 24 septembre dans ses locaux, alors qu’il recevait le personnel de Jeune Afrique. Plus aucun doute alors qu’il sera parmi les candidats en lice aux prochaines élections, n’en déplaise à Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan, ou à Alassane Ouattara. Et son investiture pour la présidentielle du 04 octobre à la salle Anoumabo du Palais de la culture de Treichville en est fortement la preuve.

« Je plaide pour une dynamique d’union nationale. »

Devant ses partisans venus nombreux pour vivre l’instant historique de son investiture, KKB n’a pas caché sa volonté de mener son combat politique autour de l’union.

« Depuis de longs mois, je plaide pour une dynamique d’union nationale. C’est-à-dire pour le rassemblement de toutes les forces, de tous les talents et de toutes les bonnes volontés qui veulent sincèrement contribuer à la renaissance de la grandeur ivoirienne ».

Plusieurs convictions politiques sont réunies pour faire de lui le prochain Président de la Côte d’Ivoire : d’abord, les failles successives de son ancien parti où il fut Député de Port-Bouët. Ensuite, sa candidature est « une candidature de revanche avec pour objectif, la pure et simple restauration d’un pouvoir perdu ». Il compte bien reconstruire sa famille politique qui cherche à diviser, à cliver, et promeut l’affrontement là où la concorde démocratique s’impose. Autre raison et non des moindres : il est le plus jeune de tous les candidats en lice. Raison suffisante pour inviter ses partisans dans ce combat qui est non seulement politique mais aussi générationnel.

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Son projet de société est aussi clair que direct : « […] Je m’engage solennellement à lutter radicalement contre la corruption qui mine tout effort national. Il faut réinventer la méritocratie ivoirienne. Je veux en finir avec la Côte d’Ivoire des copains et des coquins. Je traquerai la corruption partout où elle sévit […] ». Cette déclaration a été hautement acclamée devant la foule dont la forte mobilisation a  été saluée par le président du comité d’organisation, M. Dosso.

Il faut rappeler tout de même qu’une opposition farouche se prépare activement ce Samedi 10 octobre pour un boycott massif aux élections présidentielles. Et bien que la stratégie de KKB ne concorde pas avec celles des autres opposants, l’objectif est unique : c’est de faire front à la candidature du président de PDCI.

2 COMMENTAIRES

  1. […] Les élections présidentielles en Côte d’Ivoire se sont déroulées depuis le 31 Octobre 2020, largement remportées par Alassane Ouattara (plus de 90%). La candidature du président élu aura créé un remue-ménage, beaucoup la jugeant illégitime. Au lendemain de l’annonce du vainqueur, l’opposition ivoirienne a aussitôt annoncé avoir mise sur pied un conseil national de transition, dirigé par l’ancien chef d’État et principal opposant Henri Konan Bédié. […]

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