Depuis le 09 novembre 2020, M.Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), et les experts de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), se concertent sur le cadre réglementaire en vue de la fusion de ces deux organes de la sous-région.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour l’Afrique entière ?

Résoudre le problème de la faible intégration, du faible niveau de commerce entre les pays, l’insuffisance des ressources financières et de l’insécurité accablante. Ce sont là des enjeux qui permettront la création d’un marché commun d’environ 200 millions de consommateurs. Une approche censée booster les économies des pays membres et les échanges intra-communautaires.

Cette fusion est un retour à la situation normale. Pour rappel, au début des années 80, à Abuja au Nigeria, il y a eu des accords pour partitionner l’Afrique en sous-régions. Et nulle part il n’a existé une communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale(CEMAC).

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En réalité, la CEMAC est une création de l’ensemble des pays, qui ont été colonisés par la France, à l’exception de la Guinée équatoriale, qui se sont mis ensemble. Or, la CEEAC est plus vaste, elle touche jusqu’à la RDC, dans une certaine mesure le Rwanda, le Burundi et tous les pays de la CEMAC. 

Impulser le développement du continent

En effet, selon l’ancien journaliste du journal l’Économie, Dr Pierre Nka, ” la fusion est très importante, parce qu’elle permet d’harmoniser et d’éviter le chevauchement entre les différentes instances et la perte d’énergie.

Sur un plan économique, c’est un marché qui sera davantage créé et plus large. Que ce soit dans le cadre de la CEMAC au Cameroun, qui se présente comme un géant économique, qui occupe quasiment la moitié de la population de la zone. Mais en œuvrant ensemble avec la CEEAC, un géant comme la RDC, peut jouer son rôle et impulser le développement à travers des projets plus intégrateurs, à travers des opportunités dans la transformation des matières premières, dans la libre circulation des biens et des personnes.

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C’est donc véritablement quelque chose de bénéfique que l’on se retrouve à parler de cette fusion. Sauf que, ce n’est pas la première fois que ce débat est posé sur la table. Il y a une sorte de léthargie, d’inertie auprès des leaderships des chefs d’États, on ne s’est pas véritablement qui est la locomotive dans tout cela. Le Cameroun pouvait bien l’être, mais, est confronté à d’autres réalités. Tant que le leadership au niveau étatique suprême par les chefs d’États n’est pas affirmé, et qu’on se donne des délais, on risquerait de rester dans les incantations et les mots.

Mais il faut tout de même dire que cette fusion est un plus ou s’annonce la mise en place de la zone de libre-échange continentale, si l’Afrique centrale, qui est présentée comme la zone la moins intégrée au niveau continental pouvait arriver à sa fusion ça pourrait marcher. 

La promotion du “Consommer local

Il faut dire, qu’avec une telle fusion, la zone Afrique centrale pourra consommer des produits locaux et les commercialiser plus facilement entre les États membres. Cette union permettra de solidifier les projets infrastructurels de la zone tout en mettant tout en œuvre pour le bien de tous. Car sur cette lancée, ils devront réfléchir pour l’ensemble et non pour des intérêts individuels.

Pour le président de la Commission de la CEMAC, le Pr Daniel Ona Ondo :

« il est question de l’amélioration significative de la compétitivité des économies de l’Afrique centrale, sur la réduction du gap infrastructurel et sur la rationalisation des deux CER qui permettra d’unir les efforts, de capitaliser les expériences acquises et de rendre plus effective la libre circulation des hommes, des biens et des services ».

Il est important de rappeler selon Political Economy Dynamics of Regional Organisations, Organisations régionales en Afrique (PEDRO), que  les membres de la CEMAC et de la CEEAC étant tous également membres d’autres organisations régionales actives dans le domaine économique et de la sécurité, les États membres définissent leurs ambitions et leur engagement de manières différentes auprès de chacune des organisations auxquelles ils participent.

Mais malheureusement, dénuée de clair « champion » régional, l’Afrique centrale se caractérise par une dispersion des intérêts et par de notables rivalités internes. Les questions politiques et de sécurité sont des facteurs clés de l’adhésion à la CEMAC et à la CEEAC de nombreux États membres.

A l’heure actuelle, un réseau étroit de relations personnelles entre chefs d’État joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de ces deux organisations. À cet égard, la CEMAC et la CEEAC sont d’utiles plateformes de dialogue mais aussi des mécanismes de soutien mutuel entre élites au pouvoir, dans une région caractérisée par la faiblesse des processus démocratiques. Raison de plus pour que ces deux organes fusionnent et ensemble participe à réaliser les projets politico-économiques et sociaux de l’Afrique Centrale en particulier et celle de l’Afrique en générale.

Affaire à suivre…

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