C’est ce dimanche, 7 février 2021, que les lampions se sont éteints sur la 6ème édition du Championnat d’Afrique des Nations, tenue au Cameroun depuis le 16 janvier. Une compétition au cours de laquelle se sont côtoyés amertume et jubilation, désillusion et triomphe, déboire et consécration. Que reste-t-il du CHAN 2020 ?

Bilan général et statistiques

Le championnat d’Afrique des Nations, faut-il le rappeler, est une compétition organisée par la Confédération Africaine de Football, rassemblant les sélections composées des joueurs évoluant uniquement dans les championnats locaux. Devant se tenir après 2 ans, le CHAN donne l’occasion aux joueurs des championnats locaux d’exprimer leurs talents et leurs génies. Autrement dit, ce tournoi se présente comme une vitrine à travers laquelle les jeunes pépites nationales se laissent découvrir.

Initialement programmée au pays de Roger Milla du 4 au 25 avril 2020, la 6ème édition, en raison de la crise sanitaire s’est plutôt tenue du 16 janvier au 7 février 2021.

Sur la ligne de départ, 16 équipes équitablement réparties dans 4 poules. 4 stades répartis dans 3 villes ont aussi été mobilisés. Il s’agit bien du mythique stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, du complexe de Japoma à Douala, du stade omnisports de Bepanda dans la même ville et du stade omnisports de Limbé à Limbé. À la fin de la compétition, le Maroc conserve son titre en venant à bout du Mali par deux buts à zéro. Soufiane Rahimi, le n°21 des Lions de l’Atlas, se voit attribuer deux distinctions, celle de meilleur buteur du championnat avec 5 buts au marquoir et celle de meilleur joueur du CHAN. Ces distinctions sonnent d’ailleurs comme une évidence pour le joueur de 24 ans, sociétaire de l’ailier du Raja Casablanca, élu homme du match à trois reprises.

Autres statistiques : les 32 rencontres organisées au cours de ce rendez-vous sportif ont produit 62 buts, soit une moyenne de 1,93 buts par match. Le but le plus rapide a été marqué par le camerounais Salomon Banga. En effet, 6 minutes ont suffi au défenseur des lions indomptables pour ouvrir le score face à l’équipe malienne. Le sacre du meilleur gardien quant à lui, revient à Anas Zniti, le portier marocain qui n’a encaissé que 3 buts en 6 rencontres. Au demeurant, le CHAN ‘‘Total 2020’’ aurait été, de par ces statistiques éclatantes, un grand moment de célébration de l’Afrique.

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Un rendez-vous mémorable, une organisation tout feu tout flamme

Pendant que les annales de l’histoire du football africain s’ouvrent pour inscrire en lettres d’or la 6ème édition du CHAN tenue au Cameroun, de nombreux observateurs ne sont pas prêts à oublier cette organisation magistrale qui fait aujourd’hui tache d’huile.   

  La victoire sanitaire

Le CHAN Cameroun 2020 se déroule dans un contexte lié à la pandémie à Covid-19. Premier grand tournoi de football africain organisé en ces temps difficiles, c’est un galop d’essai pour les autorités mondiales du football.  Des esprits sombres prédisaient déjà, en ce début du CHAN, une grande foire à la contamination. Heureusement, il n’en a pas été question. Tout au long du tournoi, le comité d’organisation local a mis un accent particulier sur le respecte scrupuleux des mesures de lutte contre la Covid, associé à un suivi médical approprié dont les résultats ne se sont pas fait attendre : la menace de contamination a été maitrisée.

 La victoire infrastructurelle

La qualité des stades qui ont accueilli les matchs du championnat est impressionnante.

Le stade de Japoma par exemple est l’un des tous derniers construits pour le CHAN et la CAN. Situé à Douala la capitale économique, ce joyau architectural revendique une capacité d’accueil de 50.000 places. C’est sur sa pelouse synthétique que se sont déroulées les rencontres de la poule B.

Le mythique stade Ahmadou Ahidjo n’est plus à présenter. Il a vu sa pelouse, ses gradins et sa piste d’athlétisme rénovés ; son système d’éclairage renforcé. Avec ses 40.000 places, il a été le théâtre des matchs du groupe A.

Le stade de Limbé est certainement l’une des grandes fiertés de cette édition. Situé à Limbé, c’est le seul stade de la compétition dans la partie anglophone du Cameroun. Ses 20.000 places ont accueilli les matchs du groupe D. Le stade de la réunification de Douala, telle est vielle dame, a aussi fait peau neuve. Ses 40.000 places ont accueilli les rencontres de la poule C.

S’exprimant sur la question des infrastructures sportives, le sélectionneur sénégalais parlait non seulement d’un pari tenu, mais surtout d’un pari gagné. 

La victoire sécuritaire

Des mois avant le match d’ouverture, les amba boys, milice terroriste qui sévit dans les zones anglophones depuis 4 ans, avaient annoncé de violentes attaques sur les sites retenus, dans le funeste objectif d’installer la psychose dans les esprits. Mais c’était sans compter sur l’inébranlable attachement des camerounais à leur équipe, et sur leur patriotisme légendaire.

À contrario, les rues camerounaises n’ont jamais été aussi fréquentées, les matchs aussi regardés et les stades aussi courus. Pendant leur séjour en terre camerounaise, aucune délégation n’a été inquiétée. Les forces de maintien de l’ordre associées aux forces de sécurité ont repoussé toute velléité de trouble à l’ordre public. Un cas d’école !

Les plus grands regrets : Du rififi dans la tanière

‘‘Ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais’’, nous rappelle une sagesse coréenne. Autrement dit, comme toute œuvre humaine, l’organisation de la 6ème édition du CHAN a péché au niveau de la gestion des billets d’entrée au stade.

En effet, l’actualité sanitaire a obligé les organisateurs à réduire le nombre de spectateurs dans les stades. Ces nouvelles dispositions ont eu un impact sur la disponibilité des billets et leur gestion. Plusieurs se sont ainsi plaints de n’avoir pas eu accès aux billets ou d’avoir été éconduits pour épuisement du stock disponible.

La plus grosse déception pour les supporters des lions indomptables du Cameroun, le pays organisateur, est de n’avoir pu voir leur équipe installée à la première marche du podium. Au contraire, après leur brillante qualification en demi-finales, les fauves, devenus domptables, ont été laminés par le Maroc par 4 buts à zéro. Le coup de grâce est donné plus tard par l’équipe Guinéenne qui, à son tour, gratifie la bande à Ntougou Mpile d’un chaleureux 2-0 sous le regard crispé des milliers de spectateurs. Heureusement, cela n’a pas gâché cette fête africaine que tout le monde appelle à se réorganiser au Cameroun.  

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