S’il est un phénomène qui est en vogue actuellement au Cameroun, c’est celui du business des vêtements d’occasion encore appelé “friperie“. C’est une activité qui croit rapidement, car pour la majorité des Camerounais, c’est un moyen d’avoir des vêtements variés à la bourse du citoyen lambda. De plus en plus de personnes se lancent dans cette activité, qui dans une certaine mesure représente un danger pour l’économie. Retour sur un phénomène qui prend de l’ampleur !

Origine de la friperie

Comme susmentionné, la friperie désigne les vêtements d’occasion ou de seconde main qui ont déjà été utilisé par les Occidentaux. En Occident, on a donné à ce phénomène le nom de marché « aux puces ».

Cette activité, qui remonte depuis l’occupation franco-britannique au Cameroun, a d’abord connu une hostilité de la part des États africains, avant de croitre par la suite à une vitesse exponentielle, ceci pour satisfaire les personnes à faible revenu. Les commerçants qui font dans la friperie se ravitaillent dans des zones comme l’Amérique du Nord ou l’Europe et viennent proposer aux consommateurs des articles divers, de qualité diverse. 

Le marché de la friperie au Cameroun représente aujourd’hui un véritable business, et il suffit de se rendre dans des lieux comme Mokolo pour s’en convaincre. La surproduction vestimentaire en Europe et le renouvellement de la garde-robe dus aux différentes saisons font que les vêtements inutilisés doivent trouver preneur, et l’Afrique est un énorme débouché.   

Un impact négatif sur l’économie

Le marché de la friperie est estimé aujourd’hui à un peu plus de 5 milliards d’euros. Au Cameroun en particulier, on a estimé à près de 101,7 milliards de FCFA les importations de friperies et les matières textiles au Cameroun. Des chiffres en hausse de près de 6%.

Dans un environnement ou on prône le made in Cameroon, et où l’industrie du textile est entrain de reprendre du poil de la bête, il y a un nécessité de s’arrimer à de nouvelles exigences et à mettre un terme à cette activité.

Il n’est pas aisé d’être compétitif dans notre environnement avec un palliatif comme celui-là. Dieudonné Essomba, économiste camerounais déclarait d’ailleurs que :

« la compétitivité intervient lorsque deux produits de valeur égale en termes de processus de production et de stratégie marketing et gestion des couts, se retrouvent à conquérir un ou plusieurs marchés. La friperie et tous les objets de seconde main sont des biens dont l’utilité marginale a été atteinte de manière complète et qui viennent retrouver une seconde vie sur les marchés africains. C’est un peu comme si le textile venant d’Afrique est en concurrence avec des vêtements déjà morts en provenance d’Europe et des USA ».

Ce constat amer rejoint les conséquences fâcheuses de la friperie sur l’économie camerounaise : impact sur les devises et contribution au déficit de la balance commerciale.

La friperie, même si elle est appréciée dans les États africains, pose un problème de fierté : l’utilisation des « déchets » des autres. Jusqu’à quand l’Afrique va-t-elle être la poubelle du monde ? 

Que faire pour mettre un terme à cette activité ?

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