D’après une information rendue publique par le réseau social de Marc Zuckerberg, les annonceurs situés au Cameroun font l’objet d’une nouvelle taxe instaurée par le gouvernement.

En effet, une TVA de l’ordre de 19,25% sera appliquée dorénavant à la publicité Facebook au Cameroun. C’est la quintessence d’un communiqué de Facebook Business datant du 17 septembre.

« En raison de l’introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au Cameroun, Facebook doit facturer la TVA sur la vente de publicités à tous les annonceurs au Cameroun. Tous les annonceurs dont le pays de l’entreprise est le Cameroun se verront facturer une TVA supplémentaire de 19,25% sur les services publicitaires achetés à partir du 1er octobre 2020 », déclare le géant américain.

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Que retenir de cela ?

L’annonce de Facebook revient à dire que les annonceurs devront s’en tenir à cette nouvelle taxe lorsqu’ils vont mettre sur pied leur budget publicitaire sur ce réseau social.

« Lorsque la somme de 200 francs CFA vous a été facturée parce que vous avez atteint votre seuil de facturation de 200 francs CFA, le sous-total facturé sera de 200 francs CFA représentant les frais publicitaires, avec en plus une TVA à 19,25 % qui sera ajoutée à ce montant, pour avoir une facture totale s’élevant à 219,25 francs ».

En clair, Facebook souligne que « La TVA est appliquée lorsque vos publicités vous sont facturées, que vous achetiez des publicités Facebook à des fins commerciales ou personnelles. Puisque la TVA s’ajoute aux frais, vous n’atteindrez pas votre seuil de facturation plus rapidement, mais vous devrez peut-être payer des frais supérieurs au montant de votre seuil de facturation ».

Par ailleurs, le géant américain annonce que tous les annonceurs ne sont pas tenus d’utiliser un numéro d’identification fiscale Camerounais :

« Cependant, si vous êtes inscrit à la TVA et que vous fournissez votre numéro d’identification fiscale, votre numéro d’identification fiscale apparaîtra sur vos reçus d’annonces. Cela peut vous aider à récupérer la TVA que vous avez payée aux autorités fiscales camerounaises si vous êtes une entreprise immatriculée à la TVA au Cameroun », renseigne-t-il.

Il convient d’insister sur le fait que la TVA appliquée sur les publicités Facebook varie suivant les pays et à des taux divers. En Afrique du Sud par exemple, elle est effective depuis le 1er mai 2019, à hauteur de 15%.

Cette annonce n’est pas sans rappeler la mesure de taxe dite GAFA (Google-Amazone-Facebook-Apple) (sur les services numériques), déjà en application en France et s’applique aux entreprises du numérique qui ont pour activités commerciales :

 – La publicité ciblée en ligne

 – La vente de données personnelles à des fins publicitaires et des activités de plateformes d’intermédiation. Cette taxe est au cœur d’une bataille économique et juridique entre les États-Unis et l’Union Européenne de façon globale et la France de façon spécifique.

Quelles conséquences pour les entreprises camerounaises débutantes ?

À travers cette annonce, des grosses entreprises comme Orange, Jumia etc…ne souffriront de rien du tout. Par contre les nouvelles petites et moyennes entreprises qui veulent se forger une réputation e-marketing vont devoir mettre sérieusement les mains à la pâte pour se frayer un chemin. Par exemple une entreprise comme Bee Moto devra débourser une somme considérable de son budget de fonctionnement si celle-ci veut avoir une page publicitaire sur Facebook.

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Par ailleurs, cette annonce risque d’entraîner une ruée des entreprises et startups camerounaises vers d’autres plateformes comme Twitter qui jusqu’ici échappe à l’emprise de Facebook sur ses concurrents comme WhatsApp ou Instagram que le géant a déjà racheté. Mais là aussi, il y aura un problème : Twitter est moins utilisé au Cameroun que Facebook et donc moins de visibilité. Ce qui laisse comprendre que l’autre option c’est la publicité traditionnelle à travers la télé et la radio qui coûtent encore plus chère.

Le gouvernement essaye de ratisser large

En introduisant cette taxe, le gouvernement camerounais espère à court et à moyen terme récupérer des grosses sommes pour réinjecter dans l’économie afin de favoriser la croissance post-covid. Avec la crise au NoSo et l’explosion de la plateforme pétrolière à Limbé, l’économie du Cameroun est dans le rouge et le gouvernement entame cet énième effort pour pallier aux dépenses colossales.

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