Nous avons appris de nos confrères d’investir au Cameroun, que le président Biya, a ordonné en urgence la privatisation de Camair-Co. Une nouvelle qui a suscité la colère de plusieurs camerounais, au vu du caractère récurrent de cette politique économique au combien nuisible, à la souveraineté du Cameroun. Aujourd’hui, nous questionnons profondément ce choix, quasiment devenu une tradition.

Dans son ouvrage intitulé Management et État de Droit, Nicolas Thirion définit la privatisation comme suit : «La privatisation d’une entreprise publique consiste dans le transfert, au profit du secteur privé, du contrôle exercé par les pouvoirs publics sur ladite entreprise.»

Autrement dit, c’est un sacrifice de la souveraineté économique de l’État par l’État. Et la stratégie du gouvernement camerounais définie en la matière n’a cessé également de s’affiner au fur et à mesure de la précision des objectifs globaux et sectoriels poursuivis dans le cadre de la privatisation.

Au Cameroun, depuis 30 ans (soit avec la publication du décret n° 90/1423 du 30 octobre 1990,portant privatisation de certaines entreprises du secteur public et parapublic.) On ne compte plus le nombre d’entreprises publiques qui sont passées dans des mains privées. D’où le concept de ‘’sociétés parapubliques. ‘’

Sans aucun doute, la privatisation à outrance est un échec parce que cela entraîne une fragilisation économique de l’État. La SNEC, La SONEL devenue respectivement Camwater et Eneo sont des cas d’écoles. La récurrence des erreurs de gestion budgétaire, le manque de renouvellement des équipements, l’achat des équipements de mauvaise qualité ainsi que l’octroi des marchés de gré à gré sont autant de phénomènes qui conduisent à la privatisation.

Perte D’influence De L’état, Une Conséquence De La Privatisation

L’État ayant cédé une part immense des actions à des investisseurs privés, perd donc de facto son emprise sur telle ou telle entreprise. Les employés peuvent être licenciés selon le bon vouloir des patrons blancs. Les arriérés et les primes de licenciement (dits de bonne séparation) sont souvent à la merci du patron. Et pour ces raisons, il convient de souligner ceci :

«aucun pays sur cette terre n’a pu se développer en perdant sa souveraineté sur ses entreprises.»

La preuve ?

Quand Renault signe un partenariat avec Nissan, l’État français garde son mot à dire. Quand Boeing signe un contrat avec des chinois, la maison Blanche donne son feu vert. On ne peut en dire autant des ‘’entreprises ‘’ camerounaises. Tout simplement parce que les Hommes qui dirigent nos entreprises publiques font preuve d’un manque criard de patriotisme économique.

non à la privatisation cameroun
Non à la privatisation des entreprises publiques camerounaises

Si la privatisation à outrance était un modèle de gouvernance qui fonctionne, pourquoi les entreprises privatisées ne deviennent pas des fleurons de l’économie camerounaise qui vont conquérir à leur tour des parts de marchés à l’étranger ?

Lorsqu’on sait que eneo n’arrive même pas à desservir une semaine d’électricité continue dans tout le Cameroun, Camwater pareil. inéluctablement, le gouvernement camerounais doit revoir profondément sa politique économique en la matière.

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