Du 16 janvier au 07 février prochain, l’Afrique du football se donne rendez-vous au Cameroun à l’occasion de la 6e édition du championnat d’Afrique des nations. En seulement 11 ans d’existence le CHAN a su s’imposer comme une véritable fête de football, mieux encore, une foire d’exposition par excellence du génie footballistique africain.

‘’Nous l’avons conçu en pensant aux joueurs qui évoluent dans nos championnats et qui n’ont pas la chance d’être appelé en équipes nationales senior composées de joueurs évoluant à 99% en Europe’’ justifiait en 2009 Issa Hayatou, président de la CAF d’alors, lors du lancement de cette compétition. Avant d’interpeller les siens ‘il faut que tous nous relevions le défi de la jeunesse africaine qui gagne’’

En effet, ce championnat “leur permet de se faire remarquer par les recruteurs” laissait entendre à son tour l’ex-international congolais Chedli-Kidiaba. Cependant, l’intérêt de la création d’un tel tournoi réside surtout dans la réponse à la question de Comment promouvoir et développer le football sur le continent ?

Au Commencement

Cette épineuse question est sur toutes les lèvres du milieu sportif africain. Pour y apporter une réponse, le camerounais ISSA HAYATOU alors président de la confédération africaine de football (CAF) propose en 2007 l’idée d’une compétition réservée aux joueurs évoluant dans les différents championnats du continent.

L’idée séduit le comité exécutif et en 2008, la CAF annonce la naissance “d’une plateforme supplémentaire pour exposer aux yeux du monde tous les talents dont regorge l’Afrique.” Une plateforme propre aux équipes représentatives des associations nationales affiliées à la CAF.

Comme pour joindre l’acte à la parole, la FIF (fédération ivoirienne de football) est choisie pour l’organisation d’un premier tournoi historique en 2009. L’engouement manifesté envers cette nouveauté est tel que dès la deuxième édition en 2011 au Soudan le nombre d’équipes en lice passe du simple (08) au double (16).

Ce que le Cameroun attend de cette compétition en plus du trophée

Au-delà du jeu, le Championnat d’Afrique des Nations ne peut qu’être une opportunité d’affaires comme on en voit rarement en ces temps de covid-19 pour le secteur privé. L’on parle d’une cinquantaine de délégations  attendues réparties dans 4 grandes villes du pays (Buea-Limbé-Douala-Yaoundé) c’est autant de demandes en restauration, hôtellerie, transport etc. à satisfaire. Et le cas du Maroc il y’a deux ans est édifiant.

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« Plusieurs intervenants ont bénéficié du CHAN », « les hôtels, les sociétés de transport, les petites entreprises comme les imprimeries et les restaurants.et il ne faut pas oublier que plusieurs personnes se sont déplacées du continent africain pour assister à ces matchs donc ils ont enrichi l’économie locale » laissait entendre le comité d’organisation du Chan total Maroc 2018.

Avec une vingtaine d’hôtels retenus par le comité d’organisation(COCAN) pour accueillir les délégations, auxquels s’ajoute un bon nombre d’hôtels recommandables, le secteur hôtelier compte aussi jouer à fond sa partition pendant toute la durée de la compétition.

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Le secteur informel sous la bannière du petit commerce autour des différents stades (call-box, grillades, eau glacée, cigarettes, bonbons, beignets…) ne compte pas croiser les bras non plus. Tout le monde s’apprête à faire du chiffre, à cet effet, Les débits de boissons et autres restaurants font actuellement le plein de stocks pour se prémunir contre toute éventuelle rupture.

Est aussi aux aguets, le secteur de la santé qui entend assurer une veille permanente sur toute les délégations. L’aménagement des espaces exclusivement réservés au CHAN dans tous les grands hôpitaux des villes concernées en dit long. Le transport ne sera pas en reste ; pour faciliter le déplacement du public sportif vers les stades, nul doute que taxis et mototaxis (principaux modes de déplacements intra-urbains) seront énormément sollicités.

Pour le public sportif expatrié, les artisans ont tôt fait d’élargir et de diversifier l’offre de souvenirs à emporter. Masques, figurines, et cartes du Cameroun en bois ou en tissus, aucune technique n’est de trop dans la vente de “la destination Cameroun.”

En préparation de la CAN 2022

En choisissant d’organiser le CHAN, il clair que le Cameroun a pensé à autre chose qu’aux retombées économiques d’une compétition qui peine à  séduire le grand public malgré les efforts de la CAF à la rendre attractive. L’objectif premier est sans doute celui de roder les infrastructures avant l’organisation de la CAN 2022. Ceci dit, les rendements quantifiables et non quantifiables des investissements globaux de cette compétition ne pourront véritablement être évalués qu’au lendemain de la CAN à venir. Tout comme les emplois créés ainsi que les cash flows drainés par les nouvelles infrastructures.

Néanmoins, le CHAN reste et demeure une compétition internationale et comme le disait Joseph Antoine Bell au sujet de la dernière CAN en Egypte, « en accueillant la coupe, l’Egypte montre qu’elle est un pays ouvert capable d’assurer l’organisation d’évènements internationaux et d’en assurer la sécurité. Cette image pourrait favoriser le retour des touristes sur le long terme ».         

Dans le stricte respect des mesures barrières

Autant les opérateurs économiques sont enthousiastes à l’idée de faire caisses pleines pendant la compétition, autant ils craignent tous que la pandémie n’influence largement le choix des fans de football obligés à vivre la compétition devant le petit écran. Pourraient tout aussi dissuader les visiteurs, les restrictions des autorités sanitaires camerounaises. Lesquels exigent dès l’arrivée à l’aéroport, un test de corona virus  en plus de la présentation d’un ‘’test PCR’’ négatif.

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