Pour répondre à cette question, le Nkafu policy Institute, a réuni ce vendredi 25 février 2022 autour d’une table ronde à l’hôtel Mansel, une bagatelle d’experts et de hauts responsables économiques parmi lesquels le haut-commissaire du canada au Cameroun, SE. Richard Bale et le haut-commissaire adjoint du Nigeria au cameroun, SE. Lami Sauda.

Cameroon trade forum 2022

Le Cameroun…

Ouvert sur l’océan atlantique avec environ 402 Km de côtes et desservi par un corridor de transport terrestre d’environs 1500 km vers la RCA et 2100 km vers le Tchad, le Cameroun surnommé l’Afrique en miniature, se positionne dans la chaine logistique des transports comme un Etat portuaire de transit pour les échanges entre plusieurs pays frontaliers et non frontaliers avec le reste du monde. Parmi ceux-ci, le Nigeria 1ere puissance économique du continent.

Malgré cet avantage géostratégique considérable, le niveau des échanges du Cameroun avec le reste du monde n’a cessé de se détériorer au fil des années. Pour preuve le pays est classé 186e sur 190 économies en terme de commerce transfrontalier cf. le rapport Doing Business 2018 de la Banque Mondiale. De même, le taux d’exportations du Cameroun vers le marché de la CEMAC est passé de 14,3% en 2007 à 7% en 2015 ;

Et ce n’est pas tout, selon le rapport sur l’indice d’intégration régionale en Afrique en 2019, le pays occupe la 4e place parmi les 11 pays de la CEEAC avec un score de 0,383 (sur une échelle de 0 à 1) en dessous du Tchad, du Gabon et du Congo. Ces statistiques peu reluisantes démontrent à suffisance les innombrables défis auxquels le pays continue de faire face dans le cadre de diverses initiatives d’intégration régionale eu égard à la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine ( ZLECAF). Rappelons que L’objectif du pays est d’atteindre une croissance économique à deux chiffres d’ici 2035 et une part de 25 % du secteur manufacturier dans le PIB.

C’est fort de ce constat que s’est tenue cette autre édition du Cameroon trade forum 2022, avec pour objectif d’apporter des solutions en vue de “faciliter le commerce bilatéral et multilatéral du Cameroun au cours des dix prochaines années.”

Cameroon trade forum 2022

Le compte rendu…

 « L’un de nos objectifs est de proposer des recommandations politiques judicieuses qui permettront au Cameroun de conquérir des marchés cibles à fort potentiel de développement et d’en bénéficier de manière significative. Suivant les objectifs fixés dans la SND 30.»

A DÉCLARÉ JANE MBONDE, PRÉSIDENTE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA FONDATION FORETIA

Concrètement, les discussions au cœur de ce Forum de libre-échange portaient sur :

  1. Epiloguer sur les moyens d’accélérer une véritable intégration commerciale du Cameroun aux niveaux sous-régional et régional à travers la suppression des obstacles associés ;
  1. Discuter des stratégies pour faire du Cameroun une terre d’attractivité et de compétitivité en matière de commerce extérieur dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
  1. Et enfin présenter des mesures prioritaires à mettre en œuvre par le gouvernement camerounais pour conquérir les marchés à fort potentiel de développement comme le Nigeria.

A cet effet, La 1ère table ronde a porté sur la présentation du bilan relatif au commerce bilatéral et multi-échanges du Cameroun. Mettant en vedette Richard Bale, haut-commissaire du Canada au Cameroun et SE Lami Sauda, ​​haut-commissaire adjoint du Nigéria au Cameroun.

« Le COVID-19 a considérablement affecté la façon dont les affaires sont menées à travers le continent. Nous devons construire le secteur bancaire et financier. Les gouvernements sont principalement des décideurs politiques et ils doivent créer cet environnement propice où le secteur privé peut prospérer. Le financement du commerce est également un domaine important sur lequel le Cameroun doit se concentrer. La ZLECAF est arrivée à un moment critique où elle était le plus nécessaire. Le cadre servira de plate-forme où des cadres plus dynamiques pourront être développés. Ce sera un processus fastidieux, mais nous devrions nous attendre à en tirer profit. »  a déclaré SE Lami Sauda, ​​Haut-Commissaire adjoint du Nigéria au Cameroun.

Au cours de la session, le haut-commissaire canadien Richard Bale a pour sa part souligné quatre points clés dont le Cameroun peut tirer parti pour favoriser le commerce bilatéral entre le Nigeria et le Cameroun : la musique, le cinéma, le tourisme et la technologie. “Le Cameroun a un grand potentiel touristique qui peut être exploité.” a-t-il déclaré.

Il a également ajouté que

“le Cameroun devrait se concentrer sur le secteur des services car il sera idéal pour le jeune public camerounais instruit et bilingue”.

SE. Richard Bale, haut-commissaire du canada au Cameroun

En guise de conclusion, SE Lami Sauda a précisé ceci : «Nous devons renforcer les engagements entre le Nigeria et le Cameroun : accroître les engagements public-public, les partenariats public-privé et les partenariats privé-privé.”

L’événement comportait également trois sessions en petits groupes telles que : Relever les défis de l’intégration commerciale régionale : quelles solutions pour le Cameroun ? Comment la ZLECAF renforcera-t-elle la compétitivité et l’attractivité commerciale du Cameroun ? Et le renforcement des relations de libre-échange entre le Cameroun et le Nigeria.

MME FRI ASANGA, PDG DE LA FONDATION FORETIA

Même si l’Afrique représente cinquante pour cent de l’or mondial, ses prix ne sont pas déterminés par l’Afrique.

A DÉCLARÉ MME FRI ASANGA, PDG DE LA FONDATION FORETIA.

Par ailleurs, l’un des temps forts du Cameroon Free Trade Forum a été la remise de prix aux dix lauréats du concours de rédaction organisé par le Nkafu Policy Institute. Le concours de rédaction, destiné à la jeunesse camerounaise, devait contribuer au renforcement des relations commerciales entre le Cameroun et le Nigeria dans le cadre de la ZLECAf.

Les lauréats sont : Tanko Emmanuel (Raisons-Bénéfices du libre-échange) et Tumenta Clinton Yessi (Avantages et inconvénients des blocs commerciaux). Fomutar Stanislaus (Aborder les politiques centrées sur l’État et les défis de sécurité le long des frontières Cameroun-Nigéria pour un commerce fluide entre les deux pays) ; Mbabit Boris (Libre-échange et impact sur le secteur agro-économique entre le Cameroun et le Nigeria) ; Munoh Amei Bizine (Les raisons – Avantages du libre-échange) ; 

Bambe Betrand Aristide Sheizi (Le rôle du secteur privé dans l’amélioration du libre-échange) ; Chanjoh Rexson Ngong (Libre-échange : L’outil de profit entre le Cameroun et le Nigeria) ; Djamen Tchetgnia Boris Landry (Promotion du libre-échange le rôle des institutions politiques) ; Kapche Raissa Estelle (ZLECA : un stimulant de la compétitivité infrastructurelle frontalière du Cameroun face au Nigéria). Tamnjong-Larry-Tabeh (Le dilemme du libre-échange international et les avantages potentiels de l’accord de libre-échange interafricain) ; 

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