Ce dimanche 22 novembre 2020 a lieu le double scrutin présidentiel et législatif au Burkina Faso. Les Burkinabés sont appelés à élire leur président et leurs députés.

Un taux de participation en demie teinte

Environ 6,5 millions d’électeurs sont attendus aux urnes pour élire leurs représentants. Pour ce qui est de l’élection présidentielle, 13 candidats sont en lice dont le président Roch Kaboré et ses principaux challengers Zéphirin Diabré et Eddie Komboigo.

Ces élections se déroulent dans un contexte de tension car des zones du Nord et de l’Est du pays sont victimes des attaques de groupes djihadistes. Ainsi, selon la commission électorale nationale indépendante (CENI), c’est au moins 6% des électeurs qui ne pourront pas voter, car on note la fermeture de 1300 bureaux de votes sur 21000.

Dans un tweet rendu public ce matin, le président sortant Roch Marc Christian Kaboré a appelé les électeurs à se déplacer en masse pour faire valoir leur devoir citoyen :

« le scrutin couplé de ce dimanche est un tournant important pour la consolidation de notre démocratie. Ensemble, nous avons fait le choix des urnes comme seul mode de dévolution du pouvoir. A cet effet, j’invite chaque Burkinabé à exprimer librement son choix en allant voter ».

Celui qui dirige le pays depuis 2015, a vu la situation sécuritaire se dégrader, et il sait qu’il aura fort à faire s’il est réélu, tant les défis sont nombreux. Pour sa part, l’opposition appelle le peuple à insuffler un souffle nouveau au pays.

« Notre pays, malade aujourd’hui des hommes qui tiennent son destin, a besoin d’un remède. Ce remède va engendrer le développement, la réconciliation, la sécurité, et de l’emploi pour les jeunes » déclarait il y a peu l’opposant Zéphirin Diabré.

Des élections marquées par la participation de la diaspora

Pour la première fois, la diaspora Burkinabé est appelée à participer aux élections. Il s’agit d’une mesure qui était débattue depuis 2018 et qui va permettre de voir la participation de 18 563 Burkinabé de la diaspora, résidant dans 22 pays dans le monde. Pour Moumouni Pograwa, président du mouvement politique:

« c’est le moment », « la diaspora n’a jamais participé aux élections présidentielles. Et c’est la première fois dans l’histoire de notre pays. Et pour que cela soit possible, il a fallu lutter avec tous les régimes qui se sont succédés. Aujourd’hui, cette réalité est le prix de grandes luttes. J’éprouve un sentiment de fierté parce que nous avons participé à ces luttes-là ».

Le peuple Burkinabé a de nombreuses attentes et nul doute que le résultat reflètera la volonté du peuple. Les élections se déroulent sous le regard attentif des observateurs nationaux. Le parquet du tribunal de grande instance de Ouagadougou a d’ailleurs fait savoir qu’il surveillait l’élection et qu’il se tenait prêt « pour recevoir et juger, à toute heure et suivant la procédure de flagrant délit, des infractions de fraude électorale et assimilées relevant de son ressort de compétence ». L’appel a été suivi par tous les TGI du ressort de la cour d’appel de Ouagadougou.

Le prochain gouvernement aura donc la lourde mission de rétablir un climat de paix et de rendre le pays prospère.

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