Le 18 septembre dernier, une réunion entre les ministres en charge des forêts, de l’industrie et de l’environnement d’Afrique centrale s’est tenue par visioconférence du fait de la pandémie de la covid 19.

Au cours de cette séance de travail, une décision relative à l’interdiction d’exportation du bois sous  forme de grumes dans la sous région fut validée.

Cette décision a été adoptée dans le but de stopper l’exploitation anarchique des ressources forestières, plus précisément le bois. Et au regard de la situation actuelle on constate que le déboisement désorganisé  de la sous région CEMAC fait progressivement et dangereusement avancer le désert. Ce qui a un impact sur l’activité agricole qui est dans la plupart des pays de la sous région une base importante de ressources budgétaire.

Mise en application

L’application de cette décision entrera en vigueur dès le 1er janvier 2022. Toutefois, soulignons que celle-ci n’est pas une nouveauté dans certains pays de la CEMAC à l’instar du GABON, LA RDC et la GUINÉE ÉQUATORIALE.

En effet ces derniers avaient déjà respectivement voté cette interdiction d’exportation des grumes en 2010, 2017 et en 2019. Remarquons que seuls le Cameroun et le Congo n’avaient pas encore adopté une telle loi.

S’agissant du Cameroun, les statistiques compilées par le port de Douala, et de Kribi, révèlent que le Cameroun a exporté une cargaison totale de plus de 728,8 millions de m3 de bois en grumes, au cours de l’année 2019 dans la région du sud. Ces exportations ont été effectuées en dépit de la décision formelle d’interdiction d’exportation.

Les perspectives économiques

A côté de cette décision prise par les ministres de ce secteur des États membres de la CEMAC, des mesures  d’accompagnement ont été prises. A l’exemple de la création des zones économiques spéciales pour implanter des industries de 1ere, 2eme et 3eme transformation du bois afin d’augmenter la participation du bois dans le produit intérieur brut premièrement, ensuite de générer la création des emplois, et enfin de donner une autonomie à filière bois.

Rappelons qu’à ce jour, un pays comme le Cameroun importe encore la quasi totalité de ces besoins en matière de dérivés du bois, comme les cahiers, les papiers, les fauteuils, et même les cures dents ce qui est un véritable scandale au vu de la richesse forestière inexploitée et mal exploitée dont est dotée ce pays.

L’application de cette décision sera t-elle effective comme prévu ? Seul l’avenir nous le dira. Toutefois il serait judicieux pour tous les acteurs économiques de saisir cette opportunité et prendre la pleine mésure des enjeux stratégiques que recèle l’industrie du bois. Tout compte fait cette mesure qui devra être effective dès le 1er janvier 2022 permettra de scier, trancher et dérouler le bois sur place pour ne l’exporter qu’une fois transformé. 

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