Inadmissible, inacceptable ! Le 24 octobre dernier, Kumba, une localité située dans la zone anglophone du Cameroun était la cible des actes barbares et inhumains perpétrés par les rebelles sécessionnistes agissant dans cette partie du pays.  Ces individus sans foi ni loi se sont attaqués à une école, tuant au passage au moins 8 enfants et faisant plusieurs autres blessés. Une ignominie !

Une attaque perpétrée dans un contexte de crise

En 2016, des revendications corporatistes des enseignants et avocats commencent dans la partie anglophone du pays. Il était question pour eux de plaider de meilleures conditions, car disaient-ils, ils se sentaient marginaliser. Si l’État avait consenti à quelques doléances, les mesures n’ont pas été jugées suffisantes. Très vite, cela va donner lieu à des revendications politiques.

Ces demandes, pacifiques à la base, vont s’enliser par la suite pour migrer vers une crise, « la crise anglophone ». Depuis, une poignée de camerounais originaires de cette partie du pays milite pour la création d’un État indépendant, l’Ambazonie, ou à défaut le retour au fédéralisme.

C’est dans ce contexte que cette région du pays connait des cas de violences entre les groupes armés et les forces de défense et de sécurité, violences qui ne se font pas sans dommages, comme les assassinats d’hier.

Assassiner des enfants innocents, c’est amputer l’avenir d’un pays

La crise anglophone se présente clairement comme une crise aux multiples implications. Déjà, sur le plan social, on assiste comme ça été le cas hier à des massacres de part et d’autre, et ce sont les populations qui en souffrent.

Plusieurs personnes ont dû quitter leur lieu d’habitation pour se déplacer dans d’autres zones du pays ou dans les pays voisins. De même, les élèves se sont vu priver d’un droit fondamental, celui du droit à l’éducation, ceci parce qu’avec les insécurités, on a assisté à la fermeture des écoles.

Dans la même lancée, d’un point de vue infrastructurel, la destruction et le pillage des biens est monnaie courante dans cette partie du pays, au grand dam des populations locales.

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Sur le plan économique, cette crise affecte grandement les capacités de l’État à agir sur des secteurs prioritaires car elle est très budgétivore. Le budget alloué à cette guerre est conséquent et l’État se retrouve très souvent en grande difficulté, ce qui le pousse à rechercher encore et toujours plus de nouvelles sources de financements internes (élargissement de l’assiette fiscale) et externes (dettes).

D’un point de vue politique, l’affaiblissement de l’État au plan interne est assez palpable, car il y a de plus en plus de revendications fédéralistes, seul sujet sur lequel L’État reste intransigeant, car la république du Cameroun est un « État unitaire décentralisé » martèle le gouvernement.

Ce cocktail fait en sorte que ce sont les populations, en majorité jeunes qui en sont victimes. Entre chômage, insécurité, le bout du tunnel semble loin.

Quel avenir aurons nos enfants avec une montagne de dettes à rembourser ? Quel avenir auront-ils sans un droit à l’éducation conséquent ? Quelle sécurité auront-ils avec les foyers de tensions existants ?

On ne le dira jamais assez, la résolution de cette crise est un impératif. Le temps des discours populistes doit laisser la place aux actions concrètes pour permettre un rapide retour à la paix. Les victimes de Kumba auraient pu être des ingénieurs, des ministres, des médecins, et contribuer au rayonnement de leur pays. On ne le saura jamais. Mais, ce qu’on sait par contre, c’est que c’était des enfants, NOS ENFANTS ! et il est temps qu’on leur garantisse un avenir meilleur.

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