Avec la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989, on assistait à la victoire du bloc de l’Ouest sur le bloc de l’Est. L’humanité entrait alors de plein pied dans la mondialisation et la domination américaine. Les États-Unis d’Amérique étant par essence un pays capitaliste, il va de soi que la liberté était la pierre angulaire de la nouvelle superpuissance mondiale.

Liberté d’expression, d’entreprise, d’association etc. Le monde s’apprêtait à devenir un village planétaire. La presse people était en plein essor, la télévision, les films et les médias ont commencé à exercer une influence sans précédent sur le quotidien des humains. Du fait de la proximité culturelle engendrée par la colonisation.

L’Afrique se retrouve sous influence forcée de l’américanisme et de l’Occident.

Avec l’essor des médias, l’abondante campagne de dénigrement systématique de l’homme noir à travers le cinéma grand public, a fait naitre chez l’Homme noir un sentiment d’infériorité. Et cela s’est traduit par un phénomène aussi honteux que monstrueux : la dépigmentation.

l’artiste congolaise Nathalie Makoma, avant et après le décapage

Dans cet article, il s’agit de comprendre les raisons profondes de cet état de fait et les enjeux internes et externes que peut entrainer une telle pratique.

Avant d’en dégager les causes, il convient de circonscrire une définition de la dépigmentation. Celle-ci s’entend comme un procédé consistant le plus souvent chez la femme ébène, à appliquer sur sa peau, des substances chimiques en vue d’éclaircir sa peau, pour se donner selon elle, « fière allure ». Plusieurs raisons expliquent cette dépersonnalisation. Ajouter à cela, le dénigrement systématique.

La dépigmentation est engendrée déjà par l’influence considérable des stéréotypes de modes véhiculés par la femme blanche à travers le cinéma. La plupart des pays d’Afrique noire n’ayant compris que tardivement l’impact du cinéma sur la population et la nécessité d’avoir sa propre industrie cinématographique, les conséquences se font ressentir.

Dans le cinéma américain depuis les années 20-30 notamment avec des films connus comme ‘’Autant en emporte le vent’’ les personnages noirs sont soit des employés de maison, soit des voyous. Il y a donc une volonté de vouloir réduire le noir à un rôle de subalterne.

Quand on sait le rôle pionnier que le cinéma américain a joué dans l’avènement du cinéma notamment latino, on comprend aisément, l’éloge de la suprématie culturelle blanche, même l’Égypte antique était teintée en blanc.

Michael Jackson a beau tenté dans ”Do You Remember The Time” d’inverser la courbe en faisant jouer à Eddie Murphy le rôle du pharaon noir hélas, le mal est fait. À travers le cinéma c’est tout un mécanisme d’assujettissement, de dépersonnalisation de la femme noire qui est enclenchée. Et la bellissime actrice noire Dorothy Dandridge avait également vu le mal venir quand elle a déclaré de façon prémonitoire et militante : « I can’t play a slave » (” Je ne peux pas accepter d’incarner une esclave.”).

De nos jours, avec les séries latino-américaines et autres, le phénomène s’est aggravé. Un simple constat : le moment favori des femmes de nos jours c’est lors de la diffusion des télénovelas. Femmes et enfants, amassés devant le petit écran, ingurgitent les idées véhiculées par ces séries issues des pays hispaniques, qui de façon systématique leur infligent un sentiment d’infériorité. Quelle aberration !

L’avènement D’internet, Le Village Planétaire

Les années 2010, sont celles de l’avènement des réseaux et l’impact constant des applications photos qui au moyen des filtres laissent le sentiment permanent aux esprits faibles, de ne pas être beau ou belle en tant que noir. Ces applications tendent à ériger des préjugés et des standards de beauté imposés. Les conséquences de ce phénomène sont nombreuses : Déjà, les réseaux sociaux pullulent de noms à consonance hispanique de nos sœurs qui veulent s’identifier à ces « stars ».

De même, notons que pendant la diffusion des télénovelas, de façon systématique, les compagnies cosmétiques, agent majeur de la dépigmentation, font passer leur publicité de savon éclaircissant, de lait de toilette rapide clair etc… Au vu de la charge émotionnelle qui entoure ces films et publicités, le besoin du produit se crée dans la tête des femmes qui s’en vont dans les boutiques se procurer, elles-mêmes, ces armes d’autodestruction.
Décapage dépigmentation des femmes en Afrique

Sur le plan sanitaire, la conséquence encourue est le cancer. La plupart des femmes qui se décapent sont souvent exposées à cette maladie. Par ailleurs, il faut souligner que la dépigmentation est comme une drogue car elle entraine la dépendance de la peau. Une femme qui utilise ces produits en aura de plus en plus besoin. Et moins elle en aura, plus sa peau en souffrira…quelle misère !

Concernant l’héritage, la femme est la base du tissu social, elle est mère et pilier de l’éducation des enfants. Lorsque celle-ci en vient à détester sa beauté naturelle, à se dégrader la peau pour obtenir un semblant de beauté qui au final ne satisfait que son égo, forcément, ses enfants surtout les filles naitront avec l’idée que c’est une pratique normale avec la conséquence qu’on connait et c’est ce que nous devons éviter à tout prix.

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