Le 1er octobre 1961, le Cameroun a vécu une page marquante de sa jeune histoire : la réunification de la partie orientale française avec la partie anglophone. Cette réunification manifestait la volonté des deux Cameroun de faire front commun et d’évoluer ensemble. Décryptage !

 La disjonction du Cameroun, une mise sous mandat et sous tutelle

De 1884 à 1916, le Kamerun était sous administration allemande. Ce protectorat allemand était en vigueur depuis la signature du traité germano-douala, accord entériné plus tard par Gustav Nachtigal.

Après le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914, les allemands perdent leur autorité sur le Cameroun au profit des vainqueurs de la guerre. Avec la création de la Société des Nations (SDN), le pays sera placé sous mandat et confié à la France et l’Angleterre. La création de l’Organisation des Nations Unies(ONU) plus tard et la mise sous tutelle du Cameroun ne fera que confirmer la mainmise de ces deux puissances étrangères sur ce territoire d’Afrique centrale.

formation progressive du Cameroun

L’administration du Cameroun se faisait donc de manière duale : la partie française était administré comme une colonie française avec une mainmise poussée des autorités françaises sur le pays, et la partie anglaise fondée sous le modèle de l’indirect Rule, c’est-à-dire une forme d’administration indirecte ou les autorités avaient une relative autonomie administrative.

Ce modèle de fonctionnement a pris fin dès l’accession du Cameroun a l’indépendance le 1er janvier 1960.

La réunification du Cameroun

Le 1er octobre 1961, on assistait à la réunification du Cameroun. Cette étape marquait le passage au fédéralisme car à partir de cette date, le pays devenait officiellement la « République fédérale du Cameroun » à la suite d’un plébiscite ou le Cameroun britannique accepta de se rattacher au Cameroun français, indépendant depuis 1960.

Ce fédéralisme étatique a permis au pays de se doter de deux étoiles sur son drapeau et de fixer les bases d’une organisation fédérale interne. Parmi les grandes lignes, on assiste à la mise sur pied d’un régime politique présidentiel ou le pouvoir exécutif était constitué d’un président de la République et d’un vice-président au niveau fédéral, et de deux premiers ministres au niveau des États fédérés, un pouvoir législatif qui comptait quatre (4) assemblées, la division du pays en 6 régions, avec le français et l’anglais comme langues officielles et une monnaie unique notamment le FCFA.

Cette unification a été l’œuvre des hommes politiques tels qu’Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun et de John NGU FONCHA et témoignait de leur volonté de faire du Cameroun un pays à part entière. Ce fédéralisme fut juste une étape transitoire vers la « République Unie du Cameroun » qui a pris forme en 1972 et qui manifestait la volonté des Camerounais de former un seul peuple pour affermir l’unité nationale. 

Une actualité marquée par des revendications fédéralistes

La crise anglophone en cours dans le pays aujourd’hui a vu s’élever des voix dissidentes qui œuvrent pour un retour au fédéralisme. Partie d’une simple revendication contre la marginalisation des populations anglophones, la crise s’est accentuée avec la réponse musclée du gouvernement.

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Depuis bientôt 4 ans, elle n’a cessé de cristalliser l’attention de l’opinion nationale et internationale, et des prises de position se sont élevées depuis. Le gouvernement prône le statut quo dans la forme républicaine de l’État en mettant en avant « l’unité », alors que d’autres, qualifiés de sécessionnistes militent pour la création d’un État anglophone dénommé AMBAZONIE.

Cette dernière posture fédéraliste a été reprise par divers acteurs politiques car pour eux, le fédéralisme est gage de développement et permet la bonne gouvernance. La mise en œuvre lente de la décentralisation et la crise anglophone sont autant d’arguments qui confortent ces derniers dans leur position.

Voilà, ou on en est depuis 59 ans. Quoi qu’il en soit, le 1er octobre reste une date marquante pour l’histoire de notre pays. Dans une société ou notre histoire est assez méconnue ou travestie, l’unification a été une étape fondamentale pour l’avènement de notre pays tel qu’on le connait ; et cette date doit être rappelée et célébrée.

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